‹ Molière, 1622-1673Chapitre 102 sur 223 · FROSINE, ASCAGNE, MARINETTE, LUCILE · texte numérisé non relu

FROSINE, ASCAGNE, MARINETTE, LUCILE

LUCILE

C'en est fait ; c'est ainsi que je me puis venger ;

Et si cette action a de quoi l'affliger,

C'est toute la douceur que mon cœur s'y propose.

Mon frère, vous voyez une métamorphose.

Je veux chérir Valère après tant de fierté,

Et mes vœux maintenant tournent de son côté.

ASCAGNE

Que dites-vous, ma sœur ? Comment courir au chan- Cette inégalité me semble trop étrange. [ge ?

LUCILE

La vôtre me surprend avec plus de sujet :

De vos soins autrefois Valère était l'objet ;

Je vous ai vu pour lui m'accuser de caprice.

D'aveugle cruauté, d'orgueil et d'injustice;

Et quand je veux l'aimer, mon dessein vous déplaît î

Et je vous vois parler contre son intérêt !

ASCAGNE

Je le quitte, ma sœur, pour embrasser le vôtre : Je sais qu'il est rangé dessous les lois d'une autre ; Et ce serait un trait honteux à vos appas, Si vous le rappeliez et qu'il ne revînt pas.

LUCILE

Si ce n'est que cela, j'aurai soin de ma gloire,

Et je sais pour son cœur tout ce que j'en dois croire :

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