‹ Molière, 1622-1673Chapitre 103 sur 223 · ACTE DEUXIÈME. SCENE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. SCENE TROISIÈME

Il s'explique à mes yeux intelligiblement. Ainsi découvrez-lui sans peur mon sentiment; Ou, si vous refusez de le faire, ma bouche Lui va faire savoir que son ardeur me touche. Quoi! mon frère, à ces mots vous restez interdit?

ASCAGNE Ha ! ma sœur, si sur vous je puis avoir crédit, Si vous êtes sensible aux prières d'un frère, Quittez un tel dessein, et n'ôtez point Valère Aux vœux d'un jeune objet dont l'intérêt m'est cher. Et qui sur ma parole, a droit de vous toucher. La pauvre infortunée aime avec violence ; A moi seul de ses feux elle fait confidence. Et je vois dans son cœur de tendres mouvements A dompter la fierté des plus durs sentiments. Oui, vous auriez pitié de l'état de son âme. Connaissant de quel coup vous menacez sa flamme. Et je ressens si bien la douleur qu'elle aura Que je suis assuré, ma sœur, qu'elle en mourra, Si vous lui dérobez l'amant qui peut lui plaire. Eraste est un parti qui doit vous satisfaire, Et des feux mutuels...

LUCILE

Mon frère, c'est assez :

Je ne sais point pour qui vous vous intéressez ; Mais, de grâce, cessons ce discours, je vous prie. Et me laisser un peu dans quelque rêverie.

ASCAGNE

Allez, cruelle sœur, vous me désespérez, Si vous effectuez vos desseins déclarés.

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