‹ Molière, 1622-1673Chapitre 111 sur 223 · ACTE III SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTE III SCÈNE PREMIÈRE

MASCARILLE

Le ciel parfois seconde un dessein téméraire,

Et l'on sort comme on peut d'une méchante affaire.

Pour moi, qu'une imprudence a trop fait discourir,

Le remède plus prompt où j'ai su recourir,

C'est de pousser ma pointe, et dire en diligence

A notre vieux patron toute la manigance.

Son fils, qui m'embarrasse, est un évaporé ;

L'autre, diable! disant ce que j'ai déclaré.

Gare une irruption sur notre friperie :

Au moins, avant qu'on puisse échauffer sa furie,

Quelque chose de bon nous pourra succéder,

Et les vieillards entre eux se pourront accorder.

C'est ce qu'on va tenter ; et, de la part du nôtre,

Sans perdre un seul moment, je m'en vais trouver l'autre.

Page 1