‹ Molière, 1622-1673Chapitre 117 sur 223 · ACTE TROISIÈME. SCÈNE aUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. SCÈNE aUATRIÈME

POLIDORE Il est très assuré.

ALBERT Grâce, au nom de Dieu, grâce, ô seigneur Polidore !

POLIDORE

Eh ! c'est moi qui de vous présentement l'implore.

ALBERT Afin de l'obtenir je me jette à genoux.

POLIDORE Je dois en cet état être plutôt que vous.

ALBERT Prenez quelque pitié de ma triste aventure.

POLIDORE Je suis le suppliant dans une telle injure.

ALBERT Vous me fendez le cœur avec cette bonté.

Vous me rendez confus de tant d'humilité.

Pardon, encore un coup.

POLIDORE

Hélas! pardon vous-même.

6o LE DEPIT AMOUREUX

ALBERT J'ai de cette action une douleur extrême.

POLIDORE Et moi, j'en suis touché de même au dernier point.

ALBERT J'ose vous convier qu'elle n'éclate point.

POLIDORE Hélas ! seigneur Albert, je ne veux autre chose.

ALBERT Conservons mon honneur.

POLIDORE

Hé ! oui, je m'y dispose.

ALBERT Quant au bien qu'il faudra, vous-même en résoudrez.

POLIDORE

je ne veux de vos biens que ce que vous voudrez. De tous ces intérêts je vous ferai le maître. Et je suis trop content si vous le pouvez être. Ha ! quel homme de Dieu ! quel excès de douceur I

POLIDORE

Quelle douceur, vous-même, après un tel malheur !:

Que puissiez-vous avoir toutes choses prospères !

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