‹ Molière, 1622-1673Chapitre 118 sur 223 · ACTE TROISIEME, SCENE aUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME, SCENE aUATRIÈME

POLIDORE

Le bon Dieu vous maintienne !

ALBERT

Embrassons-nous en frères.

POLIDORE

J'y consens de grand cœur, et me réjouis fort Que tout soit terminé par un heureux accord.

ALBERT J'en rends grâces au ciel.

POLIDORE

II ne vous faut rien feindre :

Votre ressentiment me donnait lieu de craindre ; Et, Lucile tombée en faute avec mon fils, Comme on vous voit puissant et de biens et d'amis...

ALBERT

Hé ? que parlez-vous là de faute et de Lucile ? POLIDORE

Soit, ne commençons point un discours inutile : Je veux bien que mon fils y trempe grandement; Même, si cela fait à votre allégement, J'avouerai qu'à lui seul en est toute la faute; Que votre fille avait une vertu trop haute Pour avoir jamais fait ce pas contre l'honneur Sans l'incitation d'un méchant suborneur; Que le traître a séduit sa pudeur innocente, Et de votre conduite ainsi détruit l'attente. Puisque la chose est faite, et que, selon mes vœux, -Un esprit de douceur nous met d'accord tous deux.

Ne ramentevons rien, et réparons l'offense Par la solennité d'une heureuse alliance.

• ALBERT, à part.

O Dieu ! quelle méprise, et qu'est-ce qu'il m'apprend T Je rentre ici d'un trouble en un autre aussi grand :. Dans ces divers transports je ne sais que répondre, Et, si je dis un mot, j'ai peur de me confondre.

POLIDORE

A quoi pensez- vous là, seigneur Albert?

ALBERT

A rien.

Remettons, je vous prie, à tantôt l'entretien : Un mal subit me prend, qui veut que je vous laisse.

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