‹ Molière, 1622-1673Chapitre 198 sur 223 · SCENE SIXIEME · texte numérisé non relu

SCENE SIXIEME

SGANARELLE

Et tu m'oses jouer de ces diables de tours ?

SA FEMME Et quels diables de tours ? Parle donc sans rien feindre.

SGANARELLE

Ah ! cela ne vaut pas la peine de se plaindre : D'un panache de cerf sur le front me pourvoir. Hélas ! voilà vraiment un beau venez-y voir !

SA FEMME Donc, après m'avoir fait la plus sensible offense Qui puisse d'une femme exciter la vengeance. Tu prends d'un feint courroux le vain amusement Pour prévenir l'effet de mon ressentiment? D'un pareil procédé l'insolence est nouvelle : Celui qui fait l'offense est celui qui querelle !

SGANARELLE Eh! la bonne effrontée! A voir ce fier maintien, Ne la croirait-on pas une femme de bien ?

SA FEMME Va, poursuis ton chemin, cajole tes maîtresses, Adresse-leur tes vœux et fais-leur des caresses ; Mais rends-moi mon portrait sans te jouer de moi. (Elle lui arrache le portrait, et s'enfuit. )

SGANARELLE, courant après elle.

Oui, tu crois m'échapper; je l'aurai malgré toi.

i8 SGANARELLE

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