‹ Molière, 1622-1673Chapitre 200 sur 223 · SCENE SEPTIEME · texte numérisé non relu

SCENE SEPTIEME

Et votre cœur, sans doute, en deviendrait plus fort Pour pouvoir résister aux attaques du sort. J'en juge par moi-même, et la moindre disgrâce. Lorsque je suis à jeun, me saisit, me terrasse; Mais quand j'ai bien mangé, mon âme est ferme à tout. Et les plus grands revers n'en viendraient pas à bout; Croyez-moi, bourrez-vous, et sans réserve aucune, Contre les coups que peut vous porter la fortune ; Et pour fermer chez vous l'entrée à la douleur. De vingt verres de vin entourez votre cœur.

LÉLIE Je ne saurais manger.

GROS-RENE, à part ce demi-vers.

Si ferai bien, je meure.

Votre dîner pourtant serait prêt tout à l'heure.

Tais- toi, je te l'ordonne.

GROS-RENÉ

Ah ! quel ordre inhumain !

LÉLIE J'ai de l'inquiétude, et non pas de la faim.

GROS-RENÉ

Et moi, j'ai de la faim et de l'inquiétude

De voir qu'un sot amour fait toute votre étude.

LÉLIE Laisse-moi m'informer de l'objet de mes vœux, Et sans m'importuner, va manger si tu veux.

GROS-RENÉ

Je ne réplique point à ce qu'un maître ordonne.

20 SGANARELLE

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