‹ Molière, 1622-1673Chapitre 219 sur 223 · SCÈNE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE VINGT-DEUXIÈME

Et même quand, après ton injuste courroux,

(Montrant Lélie.) J'ai fait dans sa faiblesse entrer Monsieur cliez nous. Je n'ai pas reconnu les traits de sa peinture.

C'est moi qui du portrait ai causé l'aventure. Et je l'ai laissé choir en cette pâmoison

(A Sganarelle.) Qui m'a fait par vos soins remettre à la maison.

LA SUIVANTE

Vous voyez que sans moi vous y seriez encore, Et vous aviez besoin de mon peu d'ellébore.

SGANARELLE

Prendrons-nous tout ceci pour de l'argent comptant ? Mon front l'a, sur mon âme, eu bien chaude pourtant.

SA FEMME

Ma crainte toutefois n'est pas trop dissipée.

Et doux que soit le mal, je crains d'être trompée.

SGANARELLE

Hé! mutuellement croyons-nous gens de bien, Je risque plus du mien que tu ne fais du tien ; Accepte sans façon le marché qu'on propose.

SA FEMME Soit; mais gare le bois, si j'apprends quelque chose!

CÉLIE, à Lélie, après avoir parlé bas ensemble.

Ah ! dieux! s'il est ainsi, qu'est-ce donc que j'ai fait ? Je dois de mon courroux appréhender l'efîet:

44 SGANARELLE

Oui, vous croyant sans foi, j'ai pris pour ma vengeance Le malheureux secours de mon obéissance : Et depuis un moonent, mon cœur vient d'accepter Un hymen que toujours j'eus lieu de rebuter ; J'ai promis à mon père, et ce qui me désole... Mais je le vois venir.

LÉLIE

Il me tiendra parole.

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