‹ Molière, 1622-1673Chapitre 4 sur 223 · ACTE PREMIER. SCENE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. SCENE DEUXIEME

{A part.) Que pourrais-je inventer pour ce coup nécessaire ?

LÉLIE Eh bien ! le stratagème ?

MASCARILLE

Ah ! comme vous courez !

Ma cervelle toujours marche à pas mesurés. J'ai trouvé votre fait : il faut... Non, je m'abuse. Mais, si vous alliez...

LÉLIE Où?

MASCARILLE

C'est une faible ruse.

J'en songeais une.

LÉLIE

Et quelle ?

MASCARILLE

Elle n'irait pas bien.

Mais ne pourriez-vous pas ?...

Quoi?

MASCARILLE

Vous ne pourriez rien.

Parlez avec Anselme.

LÉLIE Et que lui puis-je dire ?

MASCARILLE

Il est vrai, c'est tomber d'un mal dedans un pire. Il faut pourtant l'avoir. Allez chez Trufaldin.

LÉLIE

Que faire ?

MASCARILLE

Je ne sais.

LÉLIE

C'en est trop à la fin ; Et tu me mets à bout par ces contes frivoles.

MASCARILLE

Monsieur, si vous aviez en main force pistoles. Nous n'aurions pas besoin maintenant de rêver A chercher les biais que nous devons trouver, Et pourrions, par un prompt achat de cette esclave, Empêcher qu'un rival vous prévienne et vous brave. De ces Egyptiens qui la mirent ici, Trufaldin qui la garde est en quelque souci ; Et, trouvant son argent qu'ils lui font trop attendre, Je sais bien qu'il serait très ravi de la vendre : Car enfin en vrai ladre il a toujours vécu. Il se ferait fesser pour moins d'un quart d'écu ; Et l'argent est le dieu que surtout il révère : Mais le mal, c'est...

LÉLIE

Quoi, c'est ?

MASCARILLE

Que monsieur votre père Est un autre vilain qui ne vous laisse pas, Comme vous voudriez bien, manier ses ducats ;

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