‹ Molière, 1622-1673Chapitre 72 sur 223 · SCÈNE V MASCARILLE, LÉLIE, ANDRÈS · texte numérisé non relu

SCÈNE V MASCARILLE, LÉLIE, ANDRÈS

MASCARILLE

Eh bien ! ne voilà pas mon enragé de maître ! II nous va faire encor quelque nouveau bissêtre.

LÉLIE

Sous ce grotesque habit, qui l'aurait reconnu ? Approche, Mascarille, et sois le bienvenu.

Moi souis ein chant t'honneur, moi non point Maque- Chai point fentre chamais le famé ni le fille. [rille,

LÉLIE Le plaisant baragouin ! Il est bon, sur ma foi.

MASCARILLE Allez fous pourmener, sans toi rire te moi.

LÉLIE Va, va, lève le masque, et reconnais ton maître.

MASCARILLE Partieu, tiable, mon foi, chamais toi chai connaître.

LÉLIE Tout est accommodé ; ne te déguise point.

MASCARILLE Si toi point en aller, che paille ein coup te poing.

LELIE

Ton jargon allemand est superflu, te dis-je ; Car nous sommes d'accord, et sa bonté m'oblige : J'ai tout ce que mes vœux lui pouvaient demander. Et tu n'as pas sujet de rien appréhender.

MASCARILLE

Si vous êtes d'accord par un bonheur extrême, Je me dessuisse donc, et redeviens moi-même.

ANDRÈS

Ce valet vous servait avec beaucoup de feu ; Mais je reviens à vous, demeurez quelque peu.

Eh bien, que diras-tu ?

MASCARILLE

Que j'ai l'âme ravie De voir d'un beau succès notre peine suivie.

LÉLIE

Tu feignais à sortir de ton déguisement, Et ne pouvais me croire en cet événement.

MASCARILLE

Comme je vous connais, j'étais dans l'épouvante. Et trouve l'aventure aussi fort surprenante.

LÉLIE

Mais confesse qu'enfin c'est avoir fait beaucoup. Au moins, j'ai réparé mes fautes à ce coup, Et j'aurai cet honneur d'avoir fini l'ouvrage.

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