‹ Molière, 1622-1673Chapitre 79 sur 223 · TRUFALDIN, ANSELME, PANDOLFE, ANDRÈS, CÉLIE, HIPPOLYTE, LÉANDRE · texte numérisé non relu

TRUFALDIN, ANSELME, PANDOLFE, ANDRÈS, CÉLIE, HIPPOLYTE, LÉANDRE

TRUFALDIN

Ah I ma fille.

CÉLIE

Ah! mon père.

TRUFALDIN Sais-tu déjà comment le ciel nous est prospère?

CÉLIE

Je viens d'entendre ici ce succès merveilleux.

HIPPOLYTE, à Uandre.

En vain vous parleriez pour excuser vos feux. Si j'ai devant les yeux ce que vous pouvez dire.

LÉANDRE

Un généreux pardon est ce que je désire ; Mais j'atteste les cieux qu'en ce retour soudain Mon père fait bien moins que mon propre dessein.

ANDRÈS, à Célie.

Qui l'aurait jamais cru, que cette ardeur si pure Pût être condamnée un jour par la nature? Toutefois tant d'iionneur la sut toujours régir, Qu'en y changeant fort peu, je puis la retenir.

CÉLIE

Pour moi, je me blâmais, et croyais faire faute Quand je n'avais pour vous qu'une estime très haute. Je ne pouvais savoir quel obstacle puissant M'arrêtait sur un pas si doux et si glissant. Et détournait mon cœur de l'aveu d'une flamme Que mes sens s'efforçaient d'introduire en mon âme.

TRUFALDIN

Mais, en te recouvrant, que diras-tu de moi

Si je songe aussitôt à me priver de toi,

Et t'engage à son fils sous les lois d'hyménée ?

CÉLIE

Que de vous maintenant dépend ma destinée.

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