‹ Molière, 1622-1673Chapitre 91 sur 223 · MASCARILLE, ÉRASTE, GROS-RENÉ · texte numérisé non relu

MASCARILLE, ÉRASTE, GROS-RENÉ

MASCARILLE

Non, je ne trouve point d'état plus malheureux Que d'avoir un patron jeune et fort amoureux.

GROS-RENÉ

Bonjour.

MASCARILLE Bonjour.

GROS-RENÉ

Où tend Mascarille à cette heure ?

Que fait-il ? revient-il ? va-t-il, ou s'il demeure ?

MASCARILLE

Non, je ne reviens pas, car je n'ai pas été ; Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté ; Et ne demeure point, car, tout de ce pas même, Je prétends m'en aller.

ÉRASTE

La rigueur est extrême.

Doucement, Mascarille.

MASCARILLE

Ha! Monsieur, serviteur.

ÉRASTE

Vous nous fuyez bien vite ! Hé quoi ! vous fais-je peur ?

Je ne crois pas cela de votre courtoisie.

Touche : nous n'avons plus sujet de jalousie ; Nous devenons amis, et mes feux que j'éteins Laissent la place libre à vos heureux desseins.

MASCARILLE Plût à Dieu !

ÉRASTE Gros-René sait qu'ailleurs je me jette.

GROS-RENÉ Sans doute, et je te cède aussi la Marinette.

MASCARILLE

Passons sur ce point-là : notre rivalité N'est pas pour en venir à grande extrémité ;

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