ACTE III, SCÈNE I
Vieux, goutteux !..
LAUZUN
Duc et pair.
GENEVRAY.
Le bon temps est passé !
Vraiment, c'est trop commun depuis quelques années: Le dernier cardinal en a fait des fournées ! Je n'en veux pas.
LAUZUN
Devine, allons!... sur ton chemin Pour t'éclairer je jette un mot... c'est un hymen: J'épouse... voyons, qui?
GENEVRAY.
Bon ! c'est dans la finance :
Puisque vous pouvez tout... l'or, l'or...
LAUZUN
Impertinence !
Dans la linance, mai!.. Pitié!
GENEVRAY.
Dans le blason ?
LAUZUN
Oui.
GENEVRAY.
C'est maigre parfois.
LAUZUN
La plus noble maison.
GENEVRAY.
La Trémouille?
LAUZUN
Plus haut.
i)i\ MOLIÈRE A CHAMBOilD.
GENEVRAY.
Quoi ! Monlmorenci?
LAUZUN
Monte.
GENEVnAY.
Lorraine?
LAUZUN
Encor plus haut.
GENEVRAY.
Pardon, Monsieur le Comlc; A mon âge on s'essouffle à monter de ce pas... J'en ai le vertige... ouf! (A part). Je ne répondrais pas De sa raison... Vraiment, je lui crois la cervelle...
LAUZUN
Ah ! quand éclatera cette grande nouvelle ! J'épouse... Ecoute bien, la bouche et l'œil béants: La fille de Gaston, Gaston duc d'Orléans, Mademoiselle enfin!.. Coraprends-tu bien?
GENEVRAY.
Folie!..
LAUZUN, lui frappant sur l'épaule.
Dis?
GENEVRAY, cjfrayc.
Ne me faites pas de mal, je vous supplie.
{A part ).
Il est fou... Pauvre maître!
LAUZUN
Elle qui tant de fois A refusé l'hymen de princes et de rois. Vieille fille aujourd'hui, sa rage nuptiale Me grelTe, moi, Lauzun, sur la tigo royale!