‹ Molière à ChambordChapitre 33 sur 48 · ACTE IJI, SCKNK IV. Jl · texte numérisé non relu

ACTE IJI, SCKNK IV. Jl

J'avais cherché ce bruit pour occuper mon ame,

Pour lui donner lechange...()h i la gloire!., elle est femme,

Elle allire toujours, elle trompe souvent...

Et, sans vous, pour mon cœur c'est un mol décevant.

De quelque lustre eu vain sa faveur m'environne...

Qu'importe!.. Hélas! mon front saigne sous sa couronne.

Mais la gloire avec toi ! c'est le ciel !... Oh! s'unir

D'un nœud sans fin qui lie au présent l'avenir !

Dans un destin commun vivre ensemble la vie!

Vivre ensemble les temps dont la mort est suivie!

Ne se quitter jamais! et, d'un pas triomphant,

Tous deux marcher toujours! toujours!.. El notre enfant !

Notre fille!... Vois-tu, vois-tu quel sort prospère!

Pour fortune elle aurait la gloire de son père;

Elle aurait, pour charmer, ta grâce, tes appas...

(Lauzun entr'ouvre la porte du cabinet et la referme presque aussitôt. Molière s"" aperçoit gu'Armandi est préoccupée) .

Mais vous êtes distraite... et ne m'écoutez pas!..

D'un intérêt si cher vous n'êtes point émue!

J'en parle sans qu'au cœur rien chez vous ne remue !..

Hélas! j'ai cru longtemps que celle enfant serait

Le nœud puissant et doux qui nous rapprocherait !

De mes illusions c'était la plus constante ;

Ce sera la dernière, allez!.. Soyez contente:

Jour par jour, (leur ix fleur, vous m'avez enlevé

Tout! mon bonheur présent et mon bonheur rêvé!

Hé bien! dès ce moment je renferme, je mure

La douleur dans mon sein... Sans plainte, sans murmure

Je vivrai... Quant à vous, soyez libre; courez

A ces plaisirs menteurs dont vous vous enivrez,

Les rapides amours, et les jeux et les fêles.

Du mal que j'en ressens, du tort que vous vous faites,

"j'I MOLIERE A CHAMBORD.

Je ne me plaindrai plus... Aimez, suivez aussi Lauzun, ce parvenu...

ARMANDE, effrayée.

Monsieur!...

MOLIÈRE

Personne ici N'entend... Ah! j'oubliais... pardon, pardon, Madame : J'ai promis d'enfermer la douleur dans mon ame. Mais cet homme entre tous m'irrite -, il m'a blessé D'un trait mortel...

ARUIAINDE.

Monsieur!..

MOLIÈRE

Pardon!., oui, je le sai,

Toute femme en est folle, et c'est là votre excuse.

Moi, lutter avec lui!., non, non, je me récuse:

Lui, brillant, jeune... et moi, flétri par la douleur,

Moi, bientôt un vieillard! car c'est là mon malheur!

On ne saurait aimer un vieillard, quoi qu'il fasse.

Ah! sous la main du temps tout charme en nous s'efface...

Mais le temps n'éteint pas tout amour allumé.

Pourquoi donc ce tourment d'aimer sans être aimé!

Demandez à Chambord le mot de ce mystère.

François premier longtemps y vécut solitaire,

Triste au sein des plaisirs, cherchant partout, toujours,

Un cœur simple et naïf pour charmer ses vieux jours.

Nul cœur ne répondit à ses dernières flammes :

Toutes venaient à lui, mais les corps, non les âmes.

On se donnait au roi, l'homme n'obtenait rien.

Car cet homme était vieux, comme moi vieux... Hé bieni

[Il montre du doigt V oratoire)

Il le comprit, et là, là, dans cet oratoire.

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