SCENE Yl
MOLIÈRE caché, GENEVRAY, LAUZUN.
i,AUZUN, en sortant du cabinet.
Partis! partis ensemble!
Et réconciliés!.. Mon étoile, il me semble, A pâli quelque peu dans celle afTaire-ci. Mais qu'as-lu?... te voilà, mon cher, bien pâle aussi.
GENEVBAY.
Je n'ai rien...
LAUZUN
Quant à moi, battu!.. Ma Gélimène, Soit que vers son époux un regrcl la ramène, Soit dépit qui s'essaie à quelques duretés, Pour me faire pleurer mes infidélilés, Célimène me quille... Une lutte incroyable. Longue, vive, et j'allais l'emporler, quand le Diable.
{Gcncvray fait un mouvement de frayeur). Au moment décisif, est arrivé soudain.
Sous les traits de Molière et l'habit de Jourdain. Je suis né généreux, loyal; par bonté d'ame, J'ai daigné me cacher là-dedans. Lors, la dame, Voulant rompre à tout prix, m'a rendu mes poulets... Ces missives d'amour... Tiens, mon cher, brûle-les. (Il remet à Genevray le paquet de lettres).
Après tout j'ai tiré profit de ma retraite. Oui, c'est pour notre bien que le sort nous "maltraite, Genevray : j'ai trouvé dans ma niche un trésor, Deux vers qu'on devrait voir partout en lettres d'or :
Souvent femme varie :
Bien fol est qui s'y fie.
Règle-loi sur cela.
GENEVRAY.
Conseils bien superflus, Monseigneur : je suis vieux et ne m'occupe plus De ces retours de cœur de nos femmes coquettes. En fait de changement je regarde aux girouettes, Pour voir si nous aurons des jours doux et sereins Qui donnent du répit à mes douleurs de reins.
Et l'altesse à présent?
GENEVRAY, â part.
Bon! voilà sa foHe!..
Au théâtre, tu sais?
LAUZUN
GENEVRAY.
La pièce était jolie !..
LAUZUN
La pièce! Que m'importe!., est-ce donc pour cela..,