‹ Molière à ChambordChapitre 47 sur 48 · ACTE IV, SCENK IV. (j · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENK IV. (j

Qui ne s'appartient pas ; l'ombre et Técho d'un maître ;

Chantant comme Memnon pour tout soleil levant,

Une girouette enfin tournant à chaque vent.

Et vous, qui mécontents de la cour et du prince,

Osez les menacer de bouder en province.

Vous croyant quelque chose !.. impudents, qui comptez

Pour services fameux vos importunités !

Et vous!.. (Oh 1 votre espèce en ce pays abonde) !

Complimenteurs outrés, accablant tout le monde

De la banalité de vos empressements,

De protestations, d'offres et de serments.

— Monsieur, je suis à vous ! — Monsieur, je vous le jure,

Je vous estime fort... Vous me feriez injure

De ne pas employer tout le crédit que j'ai.

L'honneur de vous servir me rend votre obligé.

— Monsieur, votre valet!.. — Monsieur, je suis le vôtre...

Puis, de ceux-là soudain ils courent à quelque autre ;

De çà, de là, partout... C'est un sauve qui peut

D'eau bénite de cour, comme on dit... il en pleut!

LE BOI

C'est bien de ce pays la fidèle peinture. Vous dessinez, je vois, vos gens d'après nature, Car tous ces portraits-là sont vraiment ressemblants !

PREMIER DUC

Ressemblants !

LE MARQUIS

Ressemblants !

LE ROI

Parlants !

PREMIER DUC

Parlants!

LE MARQUIS

Parlants !

q4 MOLIÈRE A CHAMBORD.

LE ROI

Il faut les faire entrer dans votre galerie : Molière, mettez-les eti scène, je vous prie.

MOLIÈRE

Sire! je n'oserais promettre...

LE ROI

Pourquoi donc ?

Ce travail pour ma vie est un emploi trop long. Celte vie à présent sera courte, j'espère.

Ah ! quel mot triste et dur !.. un destin plus prospère, Des jours meilleurs viendront sans doute... Pour ma part , Certes, j'y veux aider, Molière.

MOLIÈRE

11 est trop tard î Cette vie, épuisée en des luttes sans nombre.

Me quitte, je le sens... Oh ! je voudrais à Tombre ♦

En abriter le reste... et mourir oublié ! Mais par mille devoirs au théâtre lié, Je me dévoue encore... Hélas ! sans espérance De le servir beaucoup... J'y porte ma souffrance, Ma douleur, un mal sourd ù mon cœur attaché, El d'autant plus cruel qu'il doit rester caché. El puis, que d'autres maux encor !.. La calomnie Me poursuit... Maintenant, Sire, l'on me dénie Mon litre d'honnête homme, et d'infâmes rumeurs S'attaquent ù ma vie et noircissent mes mœurs... Non pas ouvertement, non pas que l'on me fasse Si beau jeu que d'oser me les jeter en face... Non, le lâche ennemi, le coquin ténébreux Qui les répand, sait bien que c'est trop dangereux.

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