ACTE III, SCÈNE I
BARON
Il est parti sur le minuit, trouvant qu’il en avait assez , mais k sans s’ être douté qu’ils l’avaient raillé et mystifié tout le temps.
11 était encore plus distrait que de coutume.
Ils le raillent toujours ; mais ils auront beau se trémousser, aucun d’eux n’effacera le bonhomme. Ah 1 ça, quelle heure est-il, Baron?
BARON
Je ne sais pas bien ; il fait grand jour, et vos convives se disposent à partir. M. Boileau a fait pour vous ces vers, qu’il m’a chargé de vous remettre en manière d’adieu et de remerciement.
MOLIÈRE, prenant les vers.
Va donc les accompagner, et puis tu-t’iras coucher ; je n’aime point ces veilles-là et ces excès à ton âge.
BARON
II fallait bien leur faire les honneurs en votre place.
Sans doute, et la pauvre Laforest, elle a été debout aussi toute la nuit?
BARON
Comme de coutume, sans se plaindre.
Mes pauvres enfants, j’ai des amis bien indiscrets, qui ne respectent ni votre santé, ni ma maladie ! je ferais volontiers une rente à Chapelle pour qu’il allât régaler sa compagnie ailleurs que chez moi. Et ma fille, leur bruit ne l’a point éveillée?
B A RON
La petite a très-bien dcrmi et dort encore.
t •' * MOLIÈRE.
Bon; va donc les reconduire, et m’excuser encore de co qu’étant au lait pour toute nourriture, jo n’ai pu leur faire « raison.
BARON
Tâchez de dormir à présent.
J’y tâcherai, mon enfant.
(Baron loi baise la main et sort par le fond.)