‹ Molière; drama en cinq actesChapitre 8 sur 101 · ARMANDE, MOLIÈRE, MAGDELEINE · texte numérisé non relu

ARMANDE, MOLIÈRE, MAGDELEINE

( Armande va s’asseoir b gauche, Molière sur le banc de pierre, Magdeleine an pied du tronc d’arbre.)

* MOLIÈRE, assis.

Eh bien ! mes enfants, vous le voyez, vous avez voulu suivre

ma fortune errante, et je n’ai souvent à vous offrir qu’iin siège de gazon et un toit de feuillage: c’est trop de fatigues et d'aventures pour des femmes délicates.

MAGDELEINE

Jusqu’ici, quant à moi, je n’ai ressenti. aucune fatigue, et nos aventures m’ont semblé plus divertissantes que fâcheuses. Je l’aime, cette vie vagabonde, et ne me l’étais point imaginée aussi agréable quelle l’est en votre compagnie.

MOLIÈRE, se levant et allant * Magdeleine, tout eu regardant de temps en temps Armande qui s’est assise d’un air boudeur.

Vous parlez ainsi pour ne me point affliger, sachant bien que je voudrais vous donner toutes les aises, et que je souffre de ne pouvoir ôter les épines de votre chemin. Quel caractère généreux est le vôtre, Magdeleine, et qu’un mot de vous sait donner de courage et de consolation.

magdeleine, se levant.

Vous ne vous connaissez donc point vous-même, Molière ; car vous êtes mon modèle, et c’est à vous que je m’efforce de ressembler pour être satisfaite de moi.

AllMANDE.

Ah ! mon Dieu, que de compliments ! est-ce un rôle que vous récitez là tous les deux ? .

MAGDELEINE

Je dis ma pensée, qui devrait être la vôtre aussi, Armande.

ARMANDE

Oh ! ma pensée, la voici pour le moment : j’ai chaud , j’ai faim, et je suis lasse.

La pauvre mignonne ! hàtons-nous donc de dejeuner.

(11 s’approche dn panier. — Armande se lève.)

MAGDELEINE, allant î Molière.

Non, pas auparavant que nos camarades, qui prennent de la

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