‹ Molière; drama en cinq actesChapitre 81 sur 101 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Précédents, ARMANDE.

(Armande est amenée par Coudé. Elle ta à Molière, dont le premier mouvement est de la recevoir avec effusion.)

Molière, rembrassant.

Ah! ma fille! (Après une pause.) Armande, vous ne souffrirez plus ; c’est moi qui vous le jure ; ,et, me fiant à vos principes, je ne vous alarmerai plus de ma jalousie. Mais avant que d’ètre amant, je suis époux et père ; j’ai charge de votre réputation que vous ne préserv ez point assez des mauvais propos ; j’ai charge de l’éducation de ma fille à laquelle il faut de bons exemples. Je vous adjure donc, ma femme, non point par mon amour, mais par votre conscience , de supporter l’ennui d’une vie plus sédentaire. J’aurais le pouvoir de vous y contraindre ; mais je hais l’esclavage pour les autres comme pour moi-mème, et abjurant mon droit, je vous parle au nom de nos communs devoirs.

BARON, vivement, bas à Armande.

La mort est sur son visage ! soumettez-vous.

(Armande lui répond par nn regard.)

armande, allant à Molière.

C’est ainsi qu’il eût fallu me parler dès le commencement ; la voix de la raison est toute-puissante sur un esprit calme comme est le mien, et j’y cède en toute humilité. Molière, je

vous consacre désormais tous mes soins , et vous demande de me pardonner le mal que je vous ai fait souffrir.

(Elle s'agenouille.)

Viens sur mon cœur ; ce ne sont pas tes soins que je réclame pour contenter mon égoïsme, c’est ta fdle.et ta bonne renommée dont je te confie la garde à toi-même.

armande, à sa sœor.

Ma sœur, j’ai eu de l’aigreur contre vous, et je vous prie aussi de l’oublier.

(Elle plie le genou devant Magdeleine, qui la relève et l’embrasse en plearant.)

MAGDELEINE, bas à Armande.

Tu sauves la vie à Molière ; tue-moi si tu veux ; tu seras mille fois bénie.

ARMANDE , à Duparc.

Duparc, tu m’as offensée, mais je te pardonne ; je me rappelle le temps où tu me portais dans tes bras des journées entières, en disant que tu ne pouvais pas souffrir les enfants.... Veux-tu faire la paix, mon vieux camarade?

(Elle loi présente son front.)

DUPARC , l’embrassant an front.

Alt ! je devrais la briser, ta chienne de tête !

ARMANDE, regardant Baron , et s’adressant è Condé.

Êtes-Vous enfin satisfait de moi , monsieur le Prince?

CONDÉ, lui baisant la main.

Oui , Madame ! Allons, Molière, à Paris 1

Oui , monseigneur, pour Tartufe !

( Ils sortent tous, excepté Brécourt et Baron.)

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