ACTE IV, SCÈNE VII
MOLIÈR E.
Oui, sainte et douce fille, tu l’as fait; mais moi, n’ai-je point été brutal, égoïste, aveugle?
MAGDELEINE
Pourquoi ces craintes, Molière? vous ai-je donné lieu de douter de vous-même, ou de moi?
Oh! non, jamais, vous! vous êtes un si pur diamant que quand on s’y regarde, on n’y voit point ses propres fautes, votre éclat les consume... Ah! que de bien vous m’avez fait sans vous lasser de mes souffrances ! et il y a des misérables qui ont trouvé le moyen d’inventer un inceste dans le sentiment le plus pur de nos cœurs!...
MAGDELEINE
Que voulez- vous dire, Molièro?
Molière, se levant.
Rien, rien ! nous parlerons de cela plus tard ; pour aujourd’hui, je veux vous recommander ma fille, votre filleule, ma petite Madeleine , la joie de ma vie , et le souci de ma mort : veillez sur elle , mon amie , faites-Ia modeste , courageuse et bonne comme vous. Qu’elle ne songe point à plaire aux hommes,*" qu’elle songe à faire le bonheur d’un seul ! l’affection , la bonté !... Oh! une femme bonne! et on souhaite autre chose!... (Apercevant Baron qui vient du premier plan à gauche.) Voici Baron ; soyez calme, ma sœur, je suis résigné à mon sort.... (A Baron.) Approche , toi !