‹ Molière; drama en cinq actesChapitre 93 sur 101 · BARON, MOLIÈRE, MAGDELEINE · texte numérisé non relu

BARON, MOLIÈRE, MAGDELEINE

MOLIÈRE, leur prenant les mains à tous deux.

Et à présent , mes enfants , que je me sens tranquille et

soumis à toutes choses , je veux vous bénir dans le cas de quelque surprise de mon mal qui m’ôterait... (Voyant frémir Baron.)

Je ne dis point la vie , non ! mais ma force pour quelque temps.

(A Baron.) J’ai à te remercier, toi aussi, des tendres soins dont tu m’entoures , et qui te font oublier jeunesse , triomphes et plaisirs. Le ciel t’en récompensera, mon enfant ; il te donnera la puissance morale , c’est-à-dire, le talent , et puis, viendra la gloire , et alors , ne soit point enivré : fais comme moi qui ai toujours recherché les défauts de mes ouvrages et de mon jeu, . du temps que les autres en regardaient les qualités. C’est à n’étre jamais satisfait de soi-même qu’on arrive à se perfectionner ; le jour où l’on est trop content de soi, les autres ne le sont plus, parce qu’on ne cherche plus, on ne travaille plus... pense à moi quand je ne serai point là.

BAH ON, lui prenant les mains.

Mon Dieu , que vos mains sont froides !

Ce n’est rien , ce n’est rien ; je me réchaufferai en marchant... Armande est-elle enfin prête?

MAGDELEINE

Je cours lui dire que*vous l’attendez t

(Elle sort. Baron met le manlean snr les épaules de e Molière, qui sort. Deuxième plan.)

Moi, je vais donner les ordres pour la représentation de demain. (il sort.)

Page 1