‹ Molière: drame en quatre actesChapitre 18 sur 104 · LE CAVALIER, BRÉCOURT, PIERRETTE · texte numérisé non relu

LE CAVALIER, BRÉCOURT, PIERRETTE

(Pierreite, après avoir montré le cavalier à Brécourt, se saave à droite, 3» plan. Brécourt tient un bâton derrière lui et s'approche doucement sans que le cavalier l'observe. Après l'avoir examiné un instant» il se place à cheval en face de lui, à l'antre bontdu panier.)

BRÉCOURT

Bon appétit l mon camarade.

LE CAVALIER, prenant une bouteille dans le panier.

Grand merci. A votre santé I (Brécourt lève son bâton que le cavaUer pare avec un pistolet qu'il a tiré rapidement de sa ceinture.) Doucement 9 mon ami : j'ai faim, j'ai soif, je suis pressé; j'ai de l'argent, je récompense qui m'oblige, je tue qui me dérange I

B R É c au R T , tirant sa rapière.

Tuez donc si vous pouvez , car je prétends fort vous déranger.

LE CAVALIER, jetant son pistolet.

Si vous prenez ces armes-là, à la bonne heure. (U tire aussi sa rapière et s'arrête. (A part.) M'est avis que je fais ici mal à propos le gentilhomme. Une querelle ne peut que me retarder.

BRÉCOURT

Eh bien I monsieur, je suis à vos ordres. Est-ce que vous reculez déjà?

LE CAVALIER

Non pas ; mais nous couperons-nous la gorge pour si peu? Vendez-moi votre part de ce déjeuner, car si j'avais un royaume je le donnerais à cette heure pour un morceau de pain.

BRÉCOURT

Monsieur, je ne suis point marchand vivandier, et ne tiens point auberge en plein vent. Je suis fort marri de vous chagri-

ner, mais il faut, sMl vous platt, que vous rGce>1ez une petite le^n |Kiur avoir touché sans ma permission à des choses confiées à ma garde : choisissez de la rapière ou du bAton !

LE CAVALIER

Allons, vous Texigez? j'en suis fâché pour tous, je vous jure. (Hs croisent l'épée.)

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