ARON
11 est parti sur le minuit, trouvant qu'il en avait assez , mais sans s'être douté qu'ils l'avaient raillé et mystifié tout le temps, n était encore plus distrait que de coutume.
Ils le raillent toujours ; mais ils auront beau se* trémousser, aucun d'eux n'effacera le bonhomme. Ah ! ça, quelle heure est-il, Baron?
Je ne sais pas bien ; il fait grand jour, et vos convives se disposent à partir. M. Boileau a fait pour vous ces vers, qu'il m'a chargé de vous remettre en manière d'adieu et de remerciement.
MOLIERE, prenant les vers.
Va donc les accompagner, et puis tu t'iras coucher ; je n'aime point ces veilles-là et ces excès à ton âge.
BARON
n fallait bien leur faire les honneurs en votre place.
Sans doute, et la pauvre Laforest , elle a été debout aussi toute la nuit?
BARON
Comme de coutume, sans se plaindre.
Mes pauvres enfants , j'ai des amis bien indiscrets, qui ne respectent ni votre santé, ni ma maladie ! je ferais volontiers une rente à Chapelle pour qu'il allât régaler sa compagnie ailleurs que chez moi. Et ma fille, leur bruit ne l'a point éveillée?
BARON
La petite a très-bien dormi et dort encore.
Bon; va donc les reconduire, et m'excuser encore de ce qu*étant au lait pour toute nourriture, je n*ai pu leur faire raison.
BARON
Tâchez de dormir à présent.
J'y tâcherai, mon enfant.
(Baron loi baise la main et sort par le fond.)