SCÈNE II
MOLIÈRE, seul lisant les vers de Boileaa.
Tamase, avecatilité Dit plaisamment la vérité; Chacun profite à ton école :
Tout en est beau, tout en est bon ; Et ta plus bnrlesqne parole Est souvent un docte sermon.
Laisse gronder les envieax; Us ont beau crier en tous lieux.
Qu'en vain tu charmes le vulgaire, Que tes vers n'ont rien de plaisant.
Si tu savais un peu moins pUire, Tu ne leur déplairais pas tant.
Merci, Boileau ; tu crois qu'il faut me consoler des injures des bigots l Tu crois que ma souffrance provient do leurs injures et de leurs persécutions; Chapelle le croit aussi. Mes amis, vous vous trompez tous ; si je n'avais point d'autres maux à combattre, ma force y suffirait de reste. Hélas 1 mes douleurs les plus âpres ne sont point celles du poète et du comédien , mais bien celles de l'homme ; et mon cœur saigne par tant de blessures, que je ne sens plus celles qu'on veut faire à mon amour-propre. (La porte s'ouvre doucement.) Qui vient là?