BARON, MOLIÈRE, MAGDELEINE
MOLIÈRE, lear prenant les mains à tons deux.
Et à présent , mes enfants , que je me sens tranquille et '
soumis à toutes choses , je veux vous bénir dans le cas de quelque surprise de mon mal qui m'ôterait... (Voyant frémir Baron.) Je ne* dis point la vie , non! mais ma force pour quelque temps. (A Baron.) J'ai à te remercier, toi aussi , des tendres soins dont tu m'entoures , et qui te font oublier jeunesse , triomphes et plaisirs. Le ciel t'en récompensera, mon enfant ; il te donnera la puissance morale , c'est-à-dire, le talent , et puis, viendra la gloire , et alors , ne soit point enivré : fais comme moi qui ai toujours recherché les défauts de mes ouvrages et de mon jeu, du temps que les autres en regardaient les qualités. C'est à nl^tre jamais satisfait de soi-même qu'on arrive à se perfectionner ; le jour où Ton est trop content de soi, les autres ne le sont plus , parce qu'on ne cherche plus, on ne travaille plus... pense à moi quand je ne serai point là.
BARON, lui prenant les mains.
Mon Dieu , que vos mains sont froides !
Ce n'est rien , ce n'est rien ; je me réchaufferai en marchant... Armande est-elle enfin prête?
>IAGDELEINE.
Je cours lui dire que vous l'attendez 1
(Elle sort. Baron met le mantean sar les épanles de Molière, qui sort. Deuxième plan.)
Moi, je vais donner les ordres pour la représentation de demain. (Il sort.)