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prit dès ce jour tous les rôles d’amoureux ou plus exactement, selon l’expression du temps, d'amant. C’est à lui que nous devons le fameux registre qui nous donne d’intéressants détails sur Molière et ses compagnons (1); c’est lui d'autre part qui. après la mort de Molière, prit la direction de la troupe, entraina bientôt celle du Marais puis celle de l'Hôtel de Bourgogne et fonda la Comédie-Françoise ou Maison de Molière.
Le 18 novembre 1659, sur le théâtre du Petit-Bourbon, es Précieuses Ridicules furent créées. La pièce obtint grand succès.
En mai 1660, ce fut Sganarelle ou le Cocu imaginaire dont le succès fut plus grand encore.
A cette date la troupe dût abandonner le Petit-Bourbon qu'on allait démolir ; elle s'installa dans la salle du Palais-Royal où les représentations reprirent le 20 janvier 1661. 5 |
C’est là qu’en juin de la même année fut joué pour la première fois Don Garcie de Navarre ou le Prince jaloux. La pièce n'eut pas tout le succès qu’en attendait l’auteur, et ce fut pour lui une petite déception.
Ce léger échec ne diminuait d'ailleurs en rien Molière. Sa situation était solide. Tout Paris l’acclamait. On le mandait très souvent à la Cour ; et le Roï, qui aimait la farce, était le premier toujours à l’applaudir.
Il existe un portrait de Molière peint par Pierre
1. La Grange (Varlet de), Registre de La Grange (réimprimé par Edouard Thierry, 1876).
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Mignard vers cetle époque. Le peintre et l’auteur s'étaient rencontrés en Avignon et étaient devenus de grands amis.
D'après le portrait en question, Molière — dans le rôle de César de Pompée — paraît se porter le mieux du monde.
Il a des lèvres sensuelles, des narines voluptueuses, de grands yeux avec des sourcils épais et rapprochés(on prétend que c’est là signe de jalousie..…).
L'ensemble de la physionomie est sans malice et sans méchanceté. Il s'en dégage au contraire une apparence de franchise et de bonté, — et d'intelligence.
Nous savons d'autre part que sa taille était plutôt petite, le buste massif et trapu, les jambes proportionnellement longues et grêles.
Gustave Larroumet ajoute que le cou était très court et la tête enfoncée dans les épaules. « Cette conformation dont les ennemis de Molière n’ont pas manqué de tirer parti élait assez frappante pour qu'on n’ait pas cru pouvoir la dissimuler dans les portraits flatteurs de la Comédie-Française et de Chantilly. »
Molière avait la moustache et les cheveux presque noirs, le teint brun, le menton en prognathisme inférieur assez accusé.
Grâce à tous ces détails nous pouvons déjà nous faire une idée approximative de son tempérament,
Cette disproportion partout notée entre le buste dont les
larges épaules Qui pourraient, à bon droit, être l'appui des Gaules.