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Admirateur de Molière, autant qu’on puisse l'être," |
je me suis cependant demandé, bien des fois, si ses attaques contre la médecine et Fe médecins , répétées . dans quatre de ses pièces, n'étaient pas le fruit de.
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Certaines excitations, de quelques mobiles particuliers ?
Je connais trop peu le théâtre, en général, pour oser affirmer que, tout autre auteur, n’a pu pour- Suivre, quatre fois, le même objectif! D'ailleurs la fécondité de Molière ne permet pas de supposer que d'autres sujets lui eussent fait défaut. Je demande si “dans Don Juan, les petites malices décochées, en pas- Sant, contre la médecine, avaient bien leurs motifs sérieux ?
Ce point établi, j’arrive aux conjectures :
* Un fait notoire, historique dans la vie de Yolière, ce sont les relations, très-amicales, qu’il entretenait avec Mauvillain, son médecin. Il est notoire, aussi, que Molière portait un grand intérêt à l’orviétan. Or, l’orviétan fut cause que Mauvillain, reconnu coupable “de corruption, resta, pendant assez longtemps, à l’in- “lex de la Faculté. Mauvillain a encore à sa charge “une scène de violences qu'il commit contre le doyen Blondel. Si Molière a su concevoir une première bou- “ade contre la Faculté, Mauvillain a dû lui en inspirer d’autres.
* D'unautre côté, en cherchant les motifs quiavaient “pu exciter Molière contre la médecine et les méde- “cins, on a prétendu les trouver dans une contestation que M° Molière avait eue avec la femme d’un
médecin. « Personne, dit M. Moland, n'a attaché là
ni,
Le
moindre importance à cette explication... » Mais, si. comme le raconte l’auteur d'Élomire hypocondre, la femme de Molière fit mettre à la porte la femme du médecin qui était venue à la comédie; si ce médecin irrité, monta une cabale et se fit rendre justice; s M°° Molière en enragea..., quelle action ne dut-elle pas exercer, ensuite, sur son mari, si épris fatué d’elle !
C’est dans la pièce de l'Amour médecin, en 1665, que l’auteur comique commence seulementsa guerre contre la médecine et les médecins. Il paraît certain, dit M. Moland que, « dans cette comédie, Molière attaë « que, non-seulement les RER en général, « mais tels médecins déterminés, connus, indiqués, par limitation de leurs gestes, de leur langage). < de leurs habitudes ». |
C’est là le grand tort de Molière; il pouvait très: bien se livrer à la plus sanglante critique contre 14 médecine et les médecins, sans toucher aux person: nalités. C’est ainsi qu’il suscita contre lui les inimi tiés les plus passionnées et qui expliquent, si elles ne les justifient, les odieuses aggressions d’Élomire, hypocondre.
Molière, dans M. de Pourceaugnac, revient à IF charge contre les médecins. « Mais, dit M. Auger, 1% « Change son plan d'attaque ; il ne va pas chercher «dans leur doctrine ce qu’il y a de plus absurbe) «dans leur langage ce qu'il y a de plus ridicule, pour
J - nl. 4 d'rais
-« le rendre plus ridicule et plus absurde encore. Ici, -« c’est la représentation fidèle et point exagérée d’une « consultation au xvu° siècle : les deux médecins «disent ce qu'auraient dit, en pareille occasion « Brayer, Valot, Esprit, Daquin, Desfougerais, Gué- L« naut et Gui Patin lui-même, qui se moquait d'eux «tous. Ils ne citent point à faux Hipprocraie et Galien; « leur théorie est fondée sur des phénomènes vérita- « bles ; de ceux-ci ils tirent des conséquences assez « justes, soit pour l'explication des causes, soit pour « l'application des remèdes ; enfin, sauf un peu de “« salimatias et de pédanterie, sauf quelques opi- «nions chimériques, et quelques pratiques supersti- .« tieuses, ce qu'ils disent est assez bon et ce qu'ils « prescrivent n’est pas mauvais : tout le malheur, . c'est que Pourceaugnac n'a pas la maladie dont ils « lui trouvent tous les symptômes. Leur capacité, «leur doctrine ne font que donner du relief à leur «hbévue. »
Nous avons laissé à cette tirade toute sa longueur, toute sa portée, pour arriver à la conclusion où M. Auger triomphe.
Et nous, que pouvons-nous conclure? C’est que, “comme nous l'avons dit antérieurement, les idées et les mots ont été pris dans Rivière; c’est que ces beaux “discours sont l’œuvre de Mauvillain, ou autre ; c’est “qu'il ne faut revendiquer pour Molière que l’idée de. “la fin, la mise en scène, le sel de la chose.
ie TA © "4 Évidemment, il y a ici association de deux rancunes : l’un fournit la matière, l’autre l’arrange avec son esprit et sa malice. La collaboration est à jour, et l’instigation marche avec elle. Partout on les voit" reparaître; car, si on excepte le Médecin malgré lui, on retrouve Vitsirannt de Mauvillain, ou autre; dans les satires les plus sérieuses, dans l Amour médecin, dans M. de Pourceaugnac, asie le Malade ima-. ginaire. Gette dernière comédie est même celle où. l'influence des consorts est des plus évidentes quand on s'arrête aux scènes grotesques qui en sont le couronnement.
« La Faculté, dit M. RL est surtout bafouées « dans la plus auguste de ses cérémonies, dans l’ acte « solennel qui consacre les docteurs. M. Reynaud a. « fait ressortir la frappante analogie, pour ne pas dire. «la similitude parfaite qui existait entre les solenni «tés scolastiques et la fameuse cérémonie du Malade» «imaginaire. On peut supposer que les médecins. «dont on sait la liaison avec Molière, Liénard, Ber= «nier, Mauvillain, l'ont renseigné lui-même. Em «effet, certaines expressions techniques, l’exactitudes « des détails qui prouve une connaissance intime des «usages de la Faculté, trahissent, à n’en pas douter, 4 « l’active colsbar ia de A mains experiess :
«et les conseils de gens de la profession. » |
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À l'appui de ces assertions, M. Maurice Reynaud donne, en regard, quelques formules dont l’une}