‹ Molière et Gui PatinChapitre 23 sur 45 · SERMENT DU CANDIDAT · texte numérisé non relu

SERMENT DU CANDIDAT

MozrÈre. La Facuzré.

Juras gardare statuta Quod observabis jura, statuta, Per facultatem prescripta Leges et laudabiles consuetudines Cum sensu el jugeamento. Hujus ordinis.

De non jamais Le servire Quod totis viribus contendes De remediis aucunis Adversus medicos, illicite practicantes Quam de ceux dociæ facultatis, Nulli parcendo, cujuscumque Maladus düt-il crevare Ordinis aut conditionis fuerit.

El mori de suo malo.

4 Certes, la scène est plaisante, et la plaisanterie serait tout à fait de bon goût sans les charges qui la compliquent.

… Si à Molière seul revient l'honneur de tout l’esprit qu’elle comporte, quel talion pourrait suffire à châtier les trois félons qui ont fourni des étrivières contre la Faculté, leur mère ?

« Mais c’est à Mauvillain, à cette nature militante, émportée, violente dans sa haine, que doit incomber Surtout la plus grande part de ce rôle malfaisant. M: Maurice Reynaud, dans sa savante étude sur les Médecins au temps de Molière (*), ouvrage brillant à la fois par Les richesses de son érudition, l'élévation des vues, la netteté des appréciations, la distinction et

(1) Paris, 1862. Didier et Gi°, libraires-éditeurs.

la clarté du style, vient donner ne poids à cette appréciation. 4

Le plus connu deces médecins, celui qui doit à son amitié avec Molière une célébrité qu’il n'aurait jamais conquise par lui-même, et à qui l'opinion publique prétait, du vivant même de notre auteur, une active collaboration à ses pièces médicales, © last D° Mauvillain. On sait que c’est en faveur de son fils que fut écrit par Molière, le placet suivant, qui se trouve

en tête du Tartufe : E:

# « Sire, *

« Un fort honnête médecin, dont j'ai l’'honneu# d’être le malade, me promet et veut s’obliger, par: devant notaire, me faire vivre encore trente am nées si Je puis É obtenir une grâce de Votre Majestée Je lui ai dit, sur sa promesse, que je ne lui demandais pas ue et que je serais satisfait de lui, pour qu’il s’obligeât de ne me point tuer. Cette grâce! Sire, est un Ccanonicat de votre chapelle royale du Vans vacant par la mort de.…., etc.

« Le canonicat fut, en effet, obtenu. N’est-il pa singulier que nous ne possédions de Molière qu'uxt seule lettre par laquelle il sollicite pour un autre les faveurs royales, et que ce soit justèment pour ui médecin ? Le ton badin de ce placet prouve assë qu'il n'avait pas besoin de réconciliation avec le médecins. En tous cas, ce morceau témoigne d’unt grande intimité entre les deux amis. Est-il possible

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de savoir quelque chose sur ce personnage, à qui revient peut-être une certaine part dans plusieurs chefs-d’œuvre ? »

‘ M. Maurice Reynaud donne ensuite le détail des Scènes de violence qui se produisirent, en pleine école, entre Blondel et Mauvillain. Ces scènes se renouvelèrent et se prolongeèrent jusqu'au moment Où la secte antimoniale vit son triomphe complet par l'élection de Mauvillain au décanat.

« En voilà bien assez, dit M. Maurice Raynaud, pour faire voir que Mauvillain n’est pas, tant s’en faut, un homme impartial et au-dessus des préjugés et des passions de son corps. Il est néanmoins trèsbien placé pour fournir à Molière les situations et les détails techniques dont son ami a besoin pourses comédies. D'une part, il a de vieilles rancunes contre un parti naguère puissant qui l’a par deux fois exclu dela Faculté, et il ne se fait aucun scrupule de livrer à l'ennemi de médecins les termes, les usages, les secrets défauts et les travers: de la génération médicale qui le précède, et qu'il cherche à supplanter. D'autre part, il est doyen, et, malgré ses liaisons avec Guénaut et Desfougerais, 1 doit nourrir contre eux un peu de méfiance mêlée de jalousie, que tout médecin étranger à la cour a pour ceux de ses Confrères qui courent les places et les honneurs. Joignez-y l’intempérance de langue et l'esprit sati-

bien des choses ! »

Oui, les choses ont dû se passer de la sorte. : c’est ainsi que l’antipathie de Molière pour les mé:

decins s’entretenait et s’animait au contact de Mauvillain et de ses deux complices. K

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