‹ Molière et Gui PatinChapitre 28 sur 45 · S'OMES · texte numérisé non relu

S'OMES

chaque cas particulier de maladies, était pour eux une nouveauté. Jusque-là, ce n’était qu’en suivant en ville les visites d’un docteur, ou en obtenant le patronage des médecins de l’'Hôtel-Dieu, que de rares privilégiés pouvaient faire un peu de clinique. L'innovation de Renaudot devant entraîner le SUCcès, la Faculté en prit ombrage et voulut réagir conre cette situation où des médecins étrangers jouaient un rôle qu'elle ne pouvait tolérer plus longtemps. La lutte s’engagea, activée, d’un côté, par Courtaud, de Montpellier, et accentuée par Guillemeau, de la Faculié de ‘Paris. De part et d'autre, on pratiqua l'invective et on eut recours aux injures les plus violentes.

Richelieu, ayant eu à remplir le rôle d’arbitre dans cette situation, ne donna à la Faculté d'autre satisfaction que celle-ci : « Faites mieux que M. Renaudot. » |

Et, en effet, la Faculté fit publier et afficher que des consultations gratuites étaient ouvertes, rue de la Bucherie, les samedis de chaque semaine. Six médecins étaient chargés d'examiner les malades et de discuter leurs cas.

La comparution devant Richelieu s'était passée entre Renaudot et Moreau, alors doyen de la Faculté; ce qui fait dire à Gui Patin, avec une mélancolie résignée :

4 w LA Li Son Eminence, en quelque façon, interposa son autorité

Patin qui, dans une préface latine aux œuvres de L ennert, l'avait traité de nebulo et de blatero (vaurien, be Mais Gui Patin plaida lui-même sa cause vec une verve et une faconde si entrainante, que F enaudot fut déboulé de sa plainte.

. Voici ce qu’en raconte Gui Patin devenu vantard :

» Pour le gazetier, jamais son nez (!) ne fut accommodé Comme je l’ai accommodé le 14 août de l’année passée, aux panier del’Hôtel, en présence de quatre mille personnes. Ce qui m'en fâche, c est que habet frontem meretricis, nescit eru- Descere... Je n'avais rien écrit de mon plaidoyer, et parlai Sur-le-champ par cœur près de sept quarts d'heure,

Trois ans après, il revient sur cette affaire :

Deux avocats qui venaient de plaider contre moi me mirent én humeur de faire mieux qu'eux et de dire de meilleures Choses. L'un ni l’autre ne purent prouver que nebulo et latero fussent termes injurieux : ils me donnèrent si beau ‘hamp que leurs faibles raisons servirent à me justifier aussi bien que toute l'éloquence du monde, et mon innocence me fit obtenir si favorable audience, que j'eus l'auditoire de tous les juges pour moi: e£ censorem, et curium, el quüriles.

» (1) La nature avait pourvu Renaudot d'un nez des plus camus, qui l'exposa à des railleries trop souvent répétées.

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