‹ Molière et Gui PatinChapitre 34 sur 45 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

Ses lettres sont remplies de tant de science, de tant d’érudition littéraire, historique et bibliogra-.

phique ; elles touchent à des faits si multipliés deu

politique générale et surtout locale en ce temps des”

agitations de la Fronde ; elles sont si variées en ap-"

préciations sur les hommes célèbres du passé et du présent ; elles ont des jets d'esprit, des saillies d’'hu-

mour, des mouvements de bile si imprévus, tantôt”

contre des confrères indignes, tantôt contre la moi-« nerie et la secte loyolitique, tantôt contre Mazarin, etc.; en un mot, elles assaillent l'esprit de tant dim pressions qu’elles laissent au cerveau un étourdis-"

sement analogue à celui du kaléidoscope pour les yeux (*).

Pour tout esprit libéral et disposé à examiner sans"

prévention ce qui en ressort pour la libre pensée, cette première impression est tout à fait à l'avantage” de l’auteur, et l’on admire, à la fois, son caractères

autant que son esprit. Mais, après plusieurs lectures,“ attentives et réfléchies, si l'esprit reste tout entier,

le caractère devient discutable sur certains points.

Après avoir affirmé, précédemment, quelques cri-«

tiques contre Gui Patin, médecin, nous reconnais" Sons sans peine qu'un sérieux jugement sur les sujets

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si multiples de sa science personnelle est hors de

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(*) Ces lettres, au nombre de 836, dont la moyenne est de.

4 à 5 pages, forment 3 forts volumes in-89.:22 LE 4

. notre portée. « Notre épée est trop courte», comme il … dirait lui-même. Qu'il nous soit permis, seulement, «de contredire à l’apologie trop absolue de Réveillé- Parise dans sa notice de l'édition de 1846.

La ligne de conduite de Gui Patin, c’est-à-dire son caractère, sa manière d'agir en regard de la société de son temps, nous semble procéder d’un fonds * d’éclectisme philosophique et aussi d’un peu du ma- « chiavélisme dont s’inspirait le plus intime de ses … amis, Gabriel Naudé, le célèbre bibliothécaire de Mazarin.

À Dis-moi qui tu hantes.. je dirai qui tu es.

… Appliquer ce proverbe à des fréquentations passa- « gtres, à des amitiés de peu de durée, ce serait en . fausser la portée. On lui doit reconnaître quelque | . valeur quand il se formule en vue de deux personna- lités dont l'attachement inéluctable s’est maintenu RS dant toute la vie et dont les goûts sympathiques 4 se sont accentués par des faits qui dénotent les rela- - tions les plus cordiales et les plus intimes. Ces dernières conditions se rencontrent dans les … deux existences, quelquefois séparées, de G. Naudé - et de Gui Patin.

…. Dès 1648, celui-ci écrivait à Falconnet :

+ VAE ves

M. Naudé, bibliothécaire de M. le cardinal Mazarin, in- » time ami de M. Gassendi, comme il est le mien, nous a à engagés, pour dimanche ie ie à aller souper et eo +

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nous trois en sa maison de Gentilly, à charge que nous « ne serons que nous trois, et que nous y ferons la débauche:

mais Dieu sait quelle débauche! M. Naudé ne boit naturel-

lement que de l’eau, et n’a jamais goûté vin. M. Gassendi .

est si délicat qu’il n’en oserait boire, et s'imagine que son

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