‹ Molière et Gui PatinChapitre 44 sur 45 · TE SR · texte numérisé non relu

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bouffon, un railleur impie, indigne de toute atten-

. tion, de toute créance.

Autant les principes de Gui Patin sont arrêtés et

- exclusifs en médecine, autant ses idées métaphy- » siques sont vagues : on peut le croire sceptique.

Quant à sa morale, nous la tenons pour irréprochable. S'il n’a pas la foi du chrétien, il en a la charité.

Sa philosophie ne procède ni du système ni de la théorie; elle est toute pratique : l'indépendance de son caractère en fait tout le fondement.

On a voulu distinguer en lui le libre penseur du

libre causeur… il est l’un et l’autre.

Quelle que soit la fougue qui l’entraine dans l'exsé

pression de ses sentiments, jamais elle ne l’écarte des principes de la stricte morale. Ennemi de l'in-

trigue, de l'hypocrisie, du mensonge, son indigna-. < tion et sa colère ne s’animent qu’en regard de ces

vices.

Sa haine prononcée contre le fanatisme, les préjugés et les superstitions, l’a fait passer pour être

très-peu 6rthodoxe en religion. Il est certain qu’en plusieurs endroits de ses lettres il semble goûter les doctrines de la réforme; il parle souvent à Spon si à Falconnet des intérêts de la petite Paroisse. |

Pour lui, l’orthodoxie du bon sens est de ne croire

qu'à ce que 16 raison ne réprouve pas. De là, le fondement de ses attaques contre quelques principes religieux, contre les priviléges sacerdotaux, contre » l’'ultramontanisme, contre les moines, et surtout Con- »

tre l’agmen nigrum Loyolaticum.

Er somme, il s’en prend plus à la forme qu'au

fond, et affirme son spiritualisme dans plus d'une ne Ad Mais, les combinaisons métaphysiques .

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de ce spiritualisme, pour expliquer Dieu, aboutissant …

à l’incompréhensible, dans un moment de supréme

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- dépit, en face du triomphe des méchants, il pousse cette magnifique exclamation: Je perds pied dans les abimes de la Providence !... Précurseur de Voltaire, il est théiste comme lui.

Nous l’avons vu exprimer son sentiment sur les causes occultes, surnaturelles, inaccessibles à la raison. Ces mêmes principes le guident et le domiion en regard du catholicisme. Il était de l’époque où Molière écrivait son Tartufje, où la corruption des moines et du clergé excitait souvent la réproba- | tion du public (*).

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Gui Patin n’est pas catholique croyant, nl prati- . quant. Mais, il'est loin de répudier les principes du * christianisme, fondement de la vraie morale.

Voici son Credo religieux:

Je ne crois ni ne croirai, ni en possession, niengsorciers, ni … en miracles, que je neles voie et les discerne. Je crois tout ce qui est dans le Nouveau Testament, comme article de » foi, mais je ne donnerai pas telle autorité à toute la légende des moines, fabulosis et commentitiis narrationibus Loyolita- : rum, Qui, re leurs romans qu'ils nous envoient des Indes, - disent des choses aussi impertinentes et aussi peu vraies » que les fables d’ Ésope. Vous diriez que ces gens-là ne tra- L vaillent qu’à infatuer le monde ; il est vrai que si nous > étions tous bien sages, ces diattrée pharisiens du christia- - nisme seraient en danger de bientôt mourir de faim. Credo

(1) Soyons respectables, a dit Massillon, et nous serons res- >» pectés ; honorons notre ministère, et il sera honoré.

in Deum Christum crucifixum, etc., de minimis non curüin prætor. Le mensonge est une chose horrible et indigne " tout à fait d’un honnête homme ; mais c’est encore pis ques tout cela, quand il est employé et mêlé dans les affaires de la religion. CAristus ipse, qui verilas est, non indiget mendacio. Je ne saurais goûter les puantes faussetés que LS moines débitent par le monde pour autoriser leur cabale, et m'étonne fort, ëmo serio irascor, de ce qu'ils ont tant de. crédit. Nocturnos lemures, portentaque Thessala, suaviter rideo, sed tacitus.

Son scepticisme religieux : x

Le père Petau est ici mort le mercredi 11 de décembre à onze heures du soir. L'on me mande que M. Saumaise est aussi fort malade à Leyde, et peut-être est-il mort; mais | néanmoins ils ne se rencontreront point en chemin, après qu'ils auront passé le guichet de la mort, wb se via ft in ambas : le loyolite ira d’un côté, le calviniste de l’autre,” et le faut croire ainsi sous peine d'être damné à CE cents | légions de diables. «4% | 4 GS:

Nous aurions pu être tenté, sinon d'envisager les” facultés encyclopédiques de Gui Patin, au moins des hasarder une opinion sur sa valeur comme écrivain. È Mais ici même surgit une fort délicate question de. compétence, au-dessus de notre portée. Un simple passage de la notice de Réveillé-Parise nous paraît. résumer cette question, d’une manière si brillante, que le lecteur gagnera à ce que nous la mettions à profit :

A re Re. +

« Quand un livre a reçu l'empreinte profonde de des

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