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passions de l’époque où il a été conçu, il offre tou- . jours un intérêt puissant qui le fait vivre; bien plus encore quand le style ou la forme met parfaitement en relief les pensées de l’auteur. Or, les lettres dont il s’agit réunissent au plus haut degré ces deux avan- tages; tout y est présenté sous les aspects les plus divers, tantôt graves et sérieux, tantôt plaisants et légers... Dès le commencement, on s'aperçoit que - tout coule de source et d’abondance; rien de cherché, | rien d’apprêté, rien qui sente l'effort; point d’oripeaux à effet et brillantés, Gui Patin est toujours » original, toujours naturel ; loin d’être un artiste en } phrases, occupé de ce fard de style d’un auteur de ] profession, on trouve en lui un homme à libres allures, disant fièrement et hautement ce qu’il pense. : Peu d'écrivains ont mieux su, comme on l’a dit, } darder sa pensée et l’enfoncer dans l'attention. On . se représente toujours, depuis Molière, un médecin de cette époque comme un pédant roide et gourmé, écrivant en style Purgon, toujours prêt à cracher du grec et du latin: eh bien, qu’on lise ces lettres, et » l’on sera pleinement détrompé. Certes, le lieu com- : mun, ce signe évident de servitude intellectuelle, en est séverement banni ; tout est facile, spontané, fécond et varié. D prend aisément tous les tons, | depuis le plus grave jusqu'au plus enjoué, depuis le rire amer el sardonique du philosophe chagrin, jusqu’à la cynique jovialité de Rabelais. Selon le goût du temps, à l'exemple de Montaigne, de Charron,
pées de citations latines; mais ces ee tre idiome, loin de rendre A6 style moins,
Nancy, impr, Berger-Levrault et Cie, LP
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