‹ Molière et la comédie italienneChapitre 107 sur 121 · Lei Bains de la Porte Saint-Bernard, acte III, scène II · texte numérisé non relu

Lei Bains de la Porte Saint-Bernard, acte III, scène II

Dancourt essaye vainement, à la scène française, de contrebalancer le succès.

On voit si nous avions raison de dire que les comédiens italiens avaient fini par s'acclimater, par se naturaliser complètement chez nous. Ils étaient devenus plus Français que nous-mêmes.

Nous en avons donc fini, à proprement parler, avec la comédie italienne en France. Bornons-nous à constater comment le théâtrg lui fut tout à coup interdit après un si long séjour.

Le mardi 4 mai 1697 , M. d'Argenson, lieutenant-général de police, en vertu d'une lettre de cachet du roi à lui adressée, et accompagné d'un nombre de commissaires et d'exempts et de toute la robe courte , se transporta à onze heures du matin au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne et y fit apposer les scellés sur toutes les portes, non-seulement des rues Mauconseil et Française, mais encore sur celles des loges des acteurs, avec défenses à ces derniers de se présenter pour continuée leurs spectacles, Sa Majesté ne jugeant plus à propos de les garder à son service. D'où venait cette soudaine et brutale mesure ? On prétend que dans une pièce^ intitulée : la Fausse Prude, Mezzetin (Angelo Gostantini) s'était permis des allusions satiriques à madame de Maintenon.

Il est probable que la verve toujours licencieuse et audacieuse de nos Italiens francisés paraissait de moins en moins tolérable, et qu'elle finit par être tout à fait en désaccord avec les rigueurs et les tristesses de la fin de ce siècle et de ce régnée La scène italienne se releva à Paris, en 1716, sous le Hégent; elle recommença alors une nouvelle et longue carrière.

C'est assez de ce^trajet d'un siècle et demi que nous avons accompli. Il est temps d'en venir aux conclusions que nous avons eues principalement en vue en traçant cet aperçu historique, et de préciser ce que cet art exotique, après avoir si longtemps habité et vécu parmi nous, a transmis et pour ainsi dire infusé à la comédie de Molière et par conséquent à notre comédie française.

1 . Voyez les Annales de la Cour et de Paris pour le» années tC97 et 1698, par Sandras de Courtilz.

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