Les Promenades de Paris ^ acte II, scène iv
foroe à se rabattre sur les robins et les petits collets fort peu demandés en hiver :
Heureux les bourgeois de Paris, Quand le plumet court à la gloire!
Du beau sexe ils sont tous chéris, Sans combattre ils chantent victoire; Heureux les bourgeois de Paris !
L'été, les dames de Paris dirigent de préférence leurs promenades vers la Porte Saint-Bernard, c'est-à-dire sur les bords la Seine, où les Parisiens se changent en tritons , où les dames elles*mémas se livrent au plaisir de la natation sous des tentes closes, ou les bateliers offrent aux compagnies joyeuses leurs bachots pour aller aux Carrières, à l'Épée-Royale ou au Port-à-r Anglais. Il y a grand inonde sur la berge.
a On dirait, remarque Colombine, que là se tient le marché aux maris , comme celui aux chevaux se tient de l'autre côté, » Madame de la Fer^ daindaillerie (Arlequin déguisé) approuve philosophiquement cette idée : a II ne serait pas mauvais qu'il y eût à Paris un pareil marché aux maris. Ce sont des pestes d'animaux où Ton est plus trompé qu'à tout le reste de l'équipage. On irait là les examiner, on les mettrait au pas, à Tentre-pas ,
on les ferait trotter, galoper, et, sans s'amuser à la belle encolure qui souvent attrape les sottes, on ne prendrait que ceux qui ont bon pied, bon œil, et dont on pourrait tirer un bon service. Au moins devrait-on sur cette matière établir une chambre des assurances en faveur de ces veuves riches et surannées, qui mettent tout leur bien à Taventure sur la cape et Tépée d'un jeune hcîmme. Car c'est une chose étonnante, qu'on ne veuille prendre à son service un petit laquais sans répondant; et qu'on fasse une affaire de cette importance, où l'on voit tous les jours tant de banqueroutes, sans avoir une bonne et solvable caution*. »
Evariste Gherardi rivalise avec Dancourt dans le croquis comique des folies, des rencontres et des aventures dont la prairie de Bezons était le théâtre le premier dimanche de septembre : à la Foire de Bezons jouée par les Français le 14 août 169S, succède, à l'Hôtel de Bourgogne, le 1*' octobre de la même année, le Retour de la Foire de Bezons; le retour de cette fête était comme la descente de la Cour tille de ce temps-là. Les Italiens ont l'initiative dans le tableau de la Foire Saint- Germain; Regnard et Dufresny tracent d'abord pour eux ce gai tableau, dont, un mois plus tard,