Voir rappendice, n
qualifiée de tragédie. Rosalba incantatrice (Rosalba magicienne) est intitulée opéra Aeroicâr. V innocente Persiana (l'Innocente Persane), FOrseida^ FAlvida, la Fortuna di Foresia, prencipessa di Moscou, portent le titre i'opera regia, œuvre royale.
Ces pièces étaient encore plus remplies d'ettravagances que les comédies. Elles se passaient dans des contrées tout à fait fantastiques qu'on appelait Sparte, le Maroc, l'Egypte, la Moscovie ou la Perse. Isabelle était fille du roi d'Egypte ou veuve Spartiate, et Burattino, Pedrolino, Arlequin étaient mêlés à des personnages comme Oronte, roi d'Athènes, et Oreste, roi de Lacédémone. La magie y jouait un grand rôle. La fantaisie y dépassait toute mesure. Dans YOrseida, par exemple, un ours fait un personnage galant, et même un personnage de mari et de père.
Ces pièces sont surtout ce que nous appellerions des pièces à grand spectacle. Ainsi, au deuxième acte de la Forsennata prencipessa^ un navire est attaqué par une barque ; un combat se livre entre les gens qui montent la barque et ceux qui sont dans le navire ; et le navire vainqueur entre dans le port. Tout cela s'exécute sur la scène. Nous pouvons nous former par là une idée de la science
des décors et des machines où les Italiens étaient parvenusgrâce à Baldassare Peruzzi et à ses élèves; mais là n'est pas le véritable intérêt du recueil.de Flaminio Scala.
Les comédies sont toutes en trois actes. Si elles étaient dialoguées, leur étendue serait considérable, car le va-et-vient des personnages est très-actif et le nombre des scènes très-multiplié. Le lieu de la scène est indiqué dans les diverses villes d'Italie, à Rome, à Venise, à Florence, à Naples, à Ferrare^ à Pérouse, à Parme, à Pesaro, etc. Mais le théâtre représente presque toujours le même décor traditionnel, au moins dans ses dispositions principales-. « Le théâtre se compose de deux parties, dit M. Maurice Sand décrivant le théâtre construit par Palladio à Vicence; Tavant-scène, demi-cercle en. plate-forme qui s'avance jusqu'au bas des gradins; et en arrière la scène proprement dite où sont posés les décors. Mais les décors sont plantés différemment de ceux de nos théâtres. La scène est divisée en trois arcades, et sous chaque arcade on voit posée, sur un terrain en pente, une rue véritable, bordée de maisons de bois, qui vient dafond du théâtre aboutir sur l'avant-scène, censée une place publique. Les acteurs peuvent donc jouer çt circuler dans toutes les rues, se. cacher, épier.,
écouter ou surprendre très-naturdlement des secrets et des mystères qui sont parfois impossibles à mettre en scè»e sur nos théâtres modernes. »
Tel est en effet l'aspect général du théâtre figuré dans les comédies imprimées avec vignettes au seizième siècle, aspect non T)as uniforme, cependant. Il y a parfois troisrues, parfois deux, ou une seule avec arcades ^ L'acteur chargé de réciter le T^rologue indiquait ordinairement aux spectateurs la ville et les monuments qu'ils avaient devant leurs yeux : « Cette cité pour aujourd'hui sera Ferrare, et ce fleuve que vous apercevez sera le célèbre Pô. Et voilà le grand palais et la cour ducale, et plus loin la prison, etc. » Il y avait aussi des scènes d'intérieur, pour lesquelles il fallait un décor spécial. Dans un«cenario de Scala, le paysan Cavicchio ¥eille dans sa cabane, avec sa femme et ses enfants, qui fabriquent des paniers . Lui , pour tenir sa famille en gaieté et aider au travail de la nuit^ chante en s'accompagmmt de la cornemuse. Cavicchio, entendant du bruit au dehors, sort avec une lumière et se trouve en présence d'une ronde de soldats ; saisi de frayeur, il crie et appelle sa femme à son secours; mais le capitaine le rassure, et Cavicchio,