‹ Molière et la comédie italienneChapitre 56 sur 121 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Scapin se fait on point d'honaeur de triompher des sottises de son maître. Il fait mettre par son complice Spacca une bourse dans la poofee du capitaine Bellorofonte. Les sbires arrêtent ie capitaine, qui est fouillé; la fureur comique de Bellorofonte se devine aisément : « C'est rÉlectenr palatin qui se venge, s'écrie4-il , parce que je lui ai enlevé ses États; il me le payera cher! » On était alors, comme on le sait, au milieu de la guerre de Trente ans, et TËlecteur palatin venait, en effet, de perdre ses États.

Fulvio, en le voyant aux mains des sbires, se porte garant du capitaine. Quand il sait qu'il vient encore de ruiner un stratagème de Scapin, il s'en va désespéré, résolu de s'expatrier et de fuir aux extrémités de la terre.

Mezzetin, qui est allé faire de nouvelles acquisitions, passe avec une autre esclave qu'il vient d'acheter. Le capitaine reconnaît sa fiancée Laudomia. Dès lors il consent à céder Celia à Fulvio. Scapin court après celui-ci et le ramène, non sans difficulté, tant il a peur de commettre encore quelque maladresse. Quand le capitaine lui demande s'il aime Celia, Fulvio, sous Tempire de la môme

ET LA COMEBIE ITALIENNE. JJSti

crainte, nie 6on amour*, il hésite à toucher la main de Celia qu'on lui donne et tourne toujours les yeuK i^rs Scapin pour s'assurer qu'il n a point mal fait. Quand toutes les incertitudes disparaisssent : « Enfin! s'écrie-t-il, nous avons vaincu la mauvaise fortune, in tdiimo àabbiamo vin ta/ » Excellent dénouaient dont Molière n'a point profilé, il est difficile de deviner pourquoi.

Cette pièce de Ylnaveriito^ qui est devenu VÉiourdi ou les Contre-temps^ eut un grand succès ^BLQ Beltrame constate dans sa dédicace à Madame Christine de France, princesse de Piémont. c< Parmi les soggetti^ les sujets, sortis de mon débile oer- ^îîeau, dit-il, c'est c«iui qui a été le plus généralement accepté par les comédiens, le plus applaudi du roi de France, des princes de Savoie et d'Italie et de tout le monde. » Elle continua à servir de canevas pour la comédie improvisée, ainsi qu'en peut s'en assuré*, du reste, par une :analyse de ce canevas, différent de la pièce en plus d'un point, que Gailhava a publiée ' et qu'il a donnée à tort pour l'analyse de l'œuvre môme de Beltrame.

Ce fut certainement Ylnavertito qui créa au personnage de Scapin une sorte de supériorité

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