Cours d'Esthétique, traduit par M. Béxard, t. V
fait médecin à son corps défendant, il est clair qu'il ne peut pas se prendre au sétieux dans sa nouvelle profession. Le bon, c'est qu' « il finit par prendre goût à son métier de médecin. Son esprit inventif y trouve beau jeu, et, par plaisir plus encore que par nécessité, il se lance, il brode, il argumente, il pérore, il extravaguei il embrouille le cœur et les poumons; il va chercher au fond de sa mémoire quelque bribe rouillée de son latin d'autrefois, et la fait resservir à merveille, s'admirant lui-même déjouer si bien avec l'inconnu^ ».
Certes, Sganarelle est amusant; mais il n'y a pas en France un homme de goût qui ne trouve les deux Diafoirus, père et fils, plus comiques dans le vrai sens du mot, lorsqu'ils tâtent sérieusement le pouls d'Argan : « Quiddicis, Thomas? — Dico que le pouls de monsieur est le pouls d'un homme qui ne se porte point bien, » — plus comiques, dis-je, que Sganarelle, si plaisant qu'il soit d'ailleurs, lorsqu'il gesticule dans sa robe et déblatère en son latin : Cabricias arci thuram catalamus singidariter, nominativo^ haec musa la muse^ bonus bona boniim, Deus sanctus, est ne oratio lalinas ? Etiam oui^ quare pourquoi^ quia substantivo et adjectivum concordat in genarif numerum et casus.