I. Acte T, scène r
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de Sganarelle. Elle lui inspire en plusieurs endroits des réflexions mémorables, celle-ci, par exemple, au sujet de feu sa femme :
Elle est morte, Monsieur mon ami. (irlU' jx-rU; urt>t U» s sensible, et je ne puis m'en ressouvenir sans pleurer. Je n'étois pas fort satisfait de sa conduite, et nous avions le plus souvent dispute ensemble; mais cidin la mort rajuste toutes choses. Elle est morte : je la pleure. Si «lie ('loil en vie, nous nous querellerions '.
Sans doute aussi vous a\(j/ remarqué sa résolution de no point marier Luciride : le bonhomme est un égoïste, comme il y en a, dil-on, un certain nombre, qui veut, puisqu'il a de l'argent, ne point s'en dépouiller en faveur de sa iille, et, puisqu'il a une fille, la garder auprès de lui pour le soigner. Au diable les prétendants qui viennent brusquement vous enlever l'un et l'autre ! Sganarelle est bien résolu à ne jamais accueillir de pareils fâcheux ; et, si ou lui en parle, le voilà qui prouve admirablement par son exemple la vérité du vieux dicton: « il n'y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent point entendre ». Longtemps il a supplié sa lllle (qui, connaissant l'humeur de son père, aimait mieux soull'rir son mal en silence) de lui révéler quel chagrin la ronge. Mais, dès qu'elle est prête à révéler qu'elle veut se marier, dès que la suivante Lisette dit nettement au père: a mariez-la », notre homme renonce à son enquête et feint de ne plus entendre un mot.
SuANAKF.Li.K. — Va, fille ingrate, je ne le veux plus parler, tl je te laisse dans ton obstination.
LuLi.NDK. — Mon père, puisipie voUs voulez que je vous dis»' la chose...
SGANARt:LLK. — Oui, jc pcrds toute l'amitié que j'avois pour toi.
LiSETTK. — Monsieur, sa tristesse...
S0ANAKEL1.E. — C'est une coquine qui me veut fain- mourir.