‹ MolièreChapitre 3 sur 104 · MI.DKCI.M.^. IV Mi:i>i;<.I>K Kl ir.s MKDKCINS · texte numérisé non relu

MI.DKCI.M.^. IV Mi:i>i;<.I>K Kl ir.s MKDKCINS

i'œiivre de Molière, et dans une partie de notre littérature nationale. Elles sentent le lavement, et nous sommes ainsi laits que nous n'en sommes pas choqués outre mesure cl que nous en rions d'assez bon cœur.

Eh bien soit, dira-t-on ; nous en rions, et l'on en a ri au XVI* siècle et au moyen âge. Mais le grave xvii" siècle, qu'en a-t-il pensé? et comment toutes ces plaisanteries

( atologiques ont-elles bien pu être accueillies par les beaux esprits, par les nobles dames, par l'imposant monarque de cette imposante époque? — Elles ont été accueillies le mieux du monde, car le grand siècle n'est pas ce que parfois on s'imagine, et ce n'était pas seulement aux farces de Molière qu'il faisait bon accueil, c'étaitaux farces beaucoup plus grossières des Italiens, de Scaramouche. II n'est pas de plaisanterie de mauvais goût, regardée aujourd'imi comme indigne de rapins en gaieté, qui n'ait paru exquis» à la cour du grand Gondé. Racine et Boileau, échangeant des lettres nobles ou touchantes dans leur aiislère vieillesse, ne laissent pas de s'amuser de lazzis mal odorants. Mme de Sévigné, qui cite Molière avec prédilection, emprunte presque exclusivement ses citations nx pièces les plus bouffonnes. Et quant au Roi-Soleil, on

lit bien qu'il ne s'est pas contenté d'applaudir les pièces ]<*s plus gauloises de Molière, qu'il les a commandées ou du moins qu'elles ont été faites pour lui : le Malade imaijinnire destiné à Saint-Germain, l'Amour mé(/mn joué pour la |\iemière fois à Versailles, M. de Pourceaugnan iouc pour la première fois à Chambord. Et les divertissements de /'oj/rc^au^naa plaisaient tellement au roi, qu'on les reprenait ensuite sans la pièce môme, et que le souple Lulli, pour se ménager les bonnes grî\ces de Louis XIV, s'escrimait, en faisant mille singeries, de cette lance peu meurtrière et chère aux MM. Fleurants, à lacpielle on a plaisamment donné le nom d'instnniicnl de Molière. Non, vraiment, ce n'est pas Louis \I\ r\ co ne sont pii>

ses courtisans qui pouvaient être choqués par l'étalage des petites misères de notre humanité ; l'espèce de gène que nous éprouvons devant les apothicaires de Molière, alors même que nous rions d'eux le plus bruyamment, les plus grands personnages d'alors ne l'éprouvaient pas. Une sourde irritation contre nos maladies et nos faiblesses, un constant souci de la propreté nous font cacher ce qu'il y a de moins noble dans nos besoin? et dans nos actes ; sommes-nous obligés d'en parler, nous en rougissons. D'ailleurs, le progrès des temps a presque supprimé certains ustensiles et presque rendu gothiques certains mots : le docteur Éguisier a démodé les seringues ; on ne parie presque plus de lavements, mais de douches ascendantes et d'irrigations. On était singulièrement loin de cet état de choses au xvii*' siècle. Héroard, médecin de Louis XIIK notait chaque jour avec un soin religieux la couleur, la densité, la quantité des évacuations de son auguste client. Autant, ou à peu près, en faisaient les médecins de Louis

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