BÉLISE
Qu'il a d'esprit ' I...
l'ont le monde connaît la suilc: la lecture du sonnel lièvre qui lient la princesse Uranie, celle de l'épi-
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gramme sur un carrosse de couleur amarante donné à urn dame, les plans des femmes savantes avec leur mélange d vues justes et d'utopies, de prétentions légitimes et du folles exigences. Puis, c'est l'arrivée de Vadius, les éloges emphatiques que se donnent les deux pédants, l'imprudence de Vadius disant du mal du sonnet à la princesse Uranie dont il ne connaît pas l'auteur, et aussitôt le revirement de Trissotin, le duo d'éloges ayant pour pendant un duo d'injures, la brouille sanglante, et le projet de Philaminte de réconcilier les deux beaux esprits. — L'intrigue est-elle oubliée ? Non ; dès le quinzième vers de l'acte, nous apprenons qu'Henriette doit assister à la séance donnée par Trissotin, parce qu'on aura ensuite un secret à lui dire. Ce secret, nous le connaissons ; et, dès lors, les triomphes de Trissotin auprès de Philaminte, l'inattention d'Henriette, son refus de se laisser embrasser par Vadius pour l'amour du grec, tout cela habilement corse l'intrigue et nous fait attendre des scènes assez vives. / Ces scènes arrivent à la fin de l'acte. Coup sur coup, Phi- \ laminte intime à Henriette l'ordre d'épouser son cher ( pédant ; Armande triomphe ; par un revirement brusque j et attendu à la fois, Chrysale intime à Henriette l'ordre i d'épouser Clitandre ; Ariste soutient Chrysale ; Armande va exciter Philaminte. Qu'arrivera-t-il? Voilà encore une \fin d'acte bien conçue.
Normalement, l'acte IV est le plus animé dans une pièce en cinq actes. Molière n'a eu garde de manquer à cette règle. Dans l'acte IV des Femmes savantes, la peinture des mœurs, le développement de la thèse ne sont pas négligés ; mais cette peinture et ce développement ne sont plus seulement liés à l'intrigue par un lien visible, ils sont fondus dans l'intrigue : ils en font partie intégrante. C'est Armande excitant sa mère contre sa sœur ; c'est Clitandre opposant sa raisonnable conception de la vie à celle d' Armande et montrant son mépris pour Trissotin, ce qui sert
. la thèse, mais ce qui accuse la profondeur du fossé qui parc Clitandre des femmes savantes et rend plus difTicilc ucore l'acceptation de ses projets; c'est ïrissotin et Glimdrc aux prises, ce qui sert aux deux mêmes fins. Entre iix la querelle s'envenime ; une intervention de Philaiilnte et d'Ar mande radoucit le ton de Clitandre, ce qui j)crmet à la scène de se prolonger ; mais de nouveau l'irritation s'accuse, s'onflo, déborde; et voici un finale retentissant :