SCÈNE II
ORGON, xMARIAXE; DORINE (entrant doucement, et se tenant derrière Orgon, sans être vue).
Art excellent de Molière. Il rend piquant tout ce qui suit, et qui sans l'arrivée de Dorine eût été un peu fade, peut-être même un peu odieux. C'est un vautour déchirant tranquillement une colombe qui n'a aucune défense.
;,o MOLIÈRE JUGÉ PAR STENDHAL
ORGON (apercevant Dorine) .... Q.ae faites -vous là ?
Idem ; par le piquant, Molière distrait tout à fait les spectateurs, de l'odieux que peut avoir tout ce qu'Orgon va dire.
DORINE Vraiment, je ne sais pas si c'est un bruit qui part De quelque conjecture, ou d'un coup de hasard ; Mais de ce mariage on m'a dit la nouvelle, Et j"ai traité cela de pure bagatelle.
Une critique bien vieille et bien vraie, c'est que Dorine n'est pas du tout dans nos moeurs.
DORINE
Parlons sans nous fâcher, monsieur, je vous supplie, Vous moquez -vous des gens d'avoir fait ce complot?
Surprise piquante, par le ton de Dorine.
ORGON
J'avois donné pour vous ma parole à Valère ; Mais, outre qu'à jouer on dit qu'il est enclin. Je le soupçonne encor d'être un peu libertin ;
Un de ces mots dont le sens a totalement changé depuis le siècle de Louis XIV, où il voulait dire indévot.
ORGON
Ensemble vous vivrez, dans vos ardeurs fidèles. Comme deux vrais enfants, comme deux tourterelles :
C'est une des prétentions de l'Eglise d'ôter le plaisir du mariage, elle est jalouse de tous les plaisirs, cela est une superbe vue politique dans Grégoire VII (Hildebrand)
TARTUFFE ;,i
et une grande sottise dans les moutons qui gobent cette manière. Polyeuctc dans la Tragédie de ce nom, met en avant sérieusement plusieurs maximes de Tartuffe comme
Ce Dieu est jaloux,