‹ Molière jugéChapitre 55 sur 119 · VALÈRE · texte numérisé non relu

VALÈRE

Sans doute ; et votre cœur N'a jamais eu pour moi de véritable ardeur.

M A R I A N E Hélas! permis à vous d'avoir cette pensée.

Jeu. Ce vers très tendrement avec l'œil fixe et ouvert.

VALERE (se tournant vers Mariane).

Mais ne faites donc point les choses avec peine; Et regardez un peu les gens sans nulle haine.

Sourire extrême, vue du bonheur, on est attendri.

DORINE A vous dire le vrai, les amants sont bien fous!

Excellent vers qui fait durer notre sympathie en empêchant notre orgueil de l'attaquer.

DORINE

Mais, pour vous, il vaut mieux qu'à son extravagance D'un doux consentement vous prêtiez l'apparence. Afin qu'en cas d'alarme il vous soit plus aisé De tirer en longueur cet hymen proposé. En attrapant du temps, à tout on remédie.

Attrapant, excellent ton de Molière qui fait l'imposant

autant que nos sots écrivains actuels le recherchent. Voilà un des grands vices de la conversation actuelle. La monarchie en vieillissant chassera ce défaut.

Quel caquet est le vôtre I Tirez de cette part; et vous, tirez de l'autre.

Qu'on ose comparer quelque comédie antique à cela ! n'ai-je pas bien raison de n'apprendre ni le grec ni le latin.

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