SCÈNE PREMIÈRE
DAMIS. DORIXE
Q.ue la foudre, sur Theure, achève mes destins, Qii'on me traite partout du plus grand des faquins. S'il est aucun respect ni pouvoir qui m'arrête, Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête!
Je voudrais tenir ici quelque partisan outré de la règle de la voûte : « Qu'on ne puisse rien ôter d'un drame. " Ils consultent cette règle, au lieu d'avoir l'œil sur le cœur du spectateur, seule boussole du poète, quelqu'Alfieri, quelque Boileau, je suis peut être injuste envers ce dernier en le nommant ici, il sentait peut-être le mérite de cette scène mais aurait probablement désapprouvé par suite de la même règle, et faute de regarder le cœur du spec-
tateur, le grand nombre d'acteurs du Timon et de Shakespeare.
Il est évident qu'on peut mettre cette scène après celle de la proposition du mariage, en sautant la brouille, sans qu'il y paraisse. Mais que de plaisir n'aura t'on pas perdu, et combien plutôt le ton sérieux de la pièce ne fluiguera t'il pas ?
DORINE
Ah ! tout doux I envers lui, comme envers votre père,
Laissez agir les soins de votre belle-mère.
Sur l'esprit de Tartuffe elle a quelque crédit,
Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit,
Et pourroit bien avoir douceur de cœur pour elle.
Plût à Dieu qu'il fût vrai! la chose seroit belle.
Enfin, votre intérêt l'oblige à le mander :
Stile, pour la porte à le mander. Obliger a changé de sens.