‹ Molière jugéChapitre 84 sur 119 · ARGANTE, GÉRONTE, OCTAVE, HYACINTE ZERBINETTE, NÉRINE, SILVESTRE · texte numérisé non relu

ARGANTE, GÉRONTE, OCTAVE, HYACINTE ZERBINETTE, NÉRINE, SILVESTRE

OCTAVE

Non, mon père, toutes vos propositions de mariage ne serviront de rien...

Troisième moyen pour faire avaler.

Nous avons le sommaire d'une scène de Molière fait

par lui-même. C'est probablement ainsi qu'étaient ses ébauches.

Le dénouement romanesque a au moins le mérite d'être court et clair, mérite qui manque par exemple à celui de V Avare.

Cette pièce a au suprême degré le mérite de la vivacité. Il me semble évident que Boileau était un mauvais juge de la gaieté. Je trouve Les Fourberies de Scapin meilleures que le Glorieux, la Mêiromanîe, etc. Il y a intiniment plus de talent et de verve. Il lui manque une vingtaine de corrections dans le st3'le, et d'être jouée plus lentement et avec soin. Les acteurs négligent les meilleures pièces, parce qu'elles n'ont pas besoin de leurs soins. C'est le plus flatteur de tous les éloges, que deviendrait la Gageure imprévue., jouée comme les Fourberies de Scapin ?

Comme je l'ai remarqué ci-dessus, tout le plaisir que peut donner cette comédie vient de l'effet d'une suite de nuances. Il n'y a ni caractères ni événemens qui soutiennent l'auteur. Si ces nuances délicates ne sont pas peintes avec le plus grand génie on bâille. Or l'on ne bâille pas, au contraire.

[Et au-dessous.]

Molière est le plus pillard des grands hommes, et cela n'y fait rien.

Trouvé parfaitement vrai le 7 août i8i6.

GEORGE DANDIN

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