‹ Molière jugé par ses contemporainsChapitre 14 sur 34 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

MOLIERE, GARON, PLUTON, RADAMANTE. MINOS.

CARON

Je n'y puis plus tenir. Jamais il ne s'est veu tant d'ombres en un jour,, et la porte va rompre, si vous n'y donnez ordre.

TOUTES LES AMES

Garon....

CARON

Entendez-vous comme on m'appelle ? Dès qu'ils ont veu que je faisois entrer cette ombre, ils ont pensé me dévorer.

TOUTES LES AMES

Garon....

CARON

On y va. Ordonnez donc ce que vous voulez que je laisse entrer.

TOUTES LES AMES

Garon....

PLUTON

Hé ! patience. Qui sont -ils tous ces gens-là ?

CARON

Ce sont des précieuses, des bourgeoises, des marquis ridicules, des femmes sçavantes, des avares, des hypocrites, des jaloux, des cocus, et des médecins.

PLUTON

En voilà trop pour un jour. Qu'il n'enj vienne qu'une partie,

CARON

Poubliois encore un Limousin, dont Pesprit est assez matériel pour servir de corps en un besoin.

PLUTON

Fais-les entrer selon le rang qu'ils auront à la porte. Radamante, prens le rôle pour écrire les noms des complaignans. Çà, qui est celle-cy ? '

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