PREFACE
Plus (l'un s'est dit , en songeant à Molière : Suffît-il au poète comique de nous égayer aux dépens de nos ridicules et d'être un observateur pénétrant du mal , pour remporter le prix de son art? Est-il un vrai chefd'œuvre qui se passe de morale? un drame achevé où nous ririons du vice, sans que notre cœur batte pour le bien? Vit-on jamais, en un mot, dans le monde des lettres, un grand écrivain sans religion, sans principes, et qui ait pu connaître, à fond, les hommes, sans les aimer? Le croire, ce serait llétrir les lettres.
Qu'est-ce, en effet, que les lettres? Napoléon les définissait: l'esprit humain lui-même; Vesprit, c'està-dire le souffle divin ou Vâme , qui unit inséparablement le cœur, l'intelligence, la volonté. Car nul ne peut comprendre sans vouloir et sans aimer. Et l'écrivain se passerait de son cœur, pour embrasser l'âme humaine.