‹ MoliereChapitre 163 sur 253 · SCÈNE II CHRYSALE, ARISTE · texte numérisé non relu

SCÈNE II CHRYSALE, ARISTE

ARISTE

Ah! Dieu vous gard', mon frère.

CHRYSALE

Et vous aussi .

Mon frère.

ARISTE

Savez-vous ce qui m'amène ici?

Non, mais, si vous voulez, je suis prêt à l'entendre.

ARISTE

Depuis assez longtemps vous connoissez Clitandre?

CHRYSALE

Sans doute; et je le vois qui fréquente chez nous.

ARISTE

En quelle estime est-il, mon frère, auprès de vous?

CHRYSALE

D'homme d'honneur, d'esprit, de cœur et de conduite, Et je vois peu de gens qui soient de son mérite.

ARISTE

Certain désir qu'il a conduit ici mes pas. Et je me réjouis que vous en fassiez cas.

CHRYSALE

Je connus feu son père en mon voyage à Rome.

ARISTE

Fort bien.

CHRYSALE

C'étoit, mon frère, un fort bon gentilhomme.

ARISTE

On le dit.

Nous n'avions alors que vingt-huit ans, Et nous étions, ma foi, tous deux de verts galans.

ARISTE

Je le crois.

CHRYSALE

Nous donnions chez les damtes romaines, Et tout le monde, là, parloit de nos fredaines : Nous faisions des jaloux.

ARISTE

Voilà qui va des mieux , Mais venons au sujet qui m'amène en ces lieux.

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