‹ MoliereChapitre 55 sur 253 · GRANDMESNIL · texte numérisé non relu

GRANDMESNIL

RÔLE d'Harpagon.

Des moyens d'exercer notre philosophie : C'est le plus bel emploi que trouve la vertu ; Et si de probité tout étoit revêtu , Si tous les cœurs étoient francs, justes et dociles, La plupart des vertus nous seroient inutiles. Puisqu'on en met l'usage à pouvoir sans ennui Supporter, dans nos droits, l'injustice d 'autrui; Et de même qu'un cœur d'une vertu profonde...

Je sais que VOUS parlez, Monsieur, le mieux du monde; En beaux raisonnements vous abondez toujours; Mais vous perdez le temps et tous vos beaux discours. La raison , pour mon bien , veut que je me retire : Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire; De ce que je dirois je ne répondrois pas. Et je me jetterois cent choses sur les bras. Laissez-moi, sans dispute, attendre Célimène : Il faut qu'elle consente au dessein qui m'amène; Je vais voir si son cœur a de l'amour pour moi, Et c'est ce moment-ci qui doit m'en faire foi.

PIIILINTE.

Montons chez Éliante, attendant sa venue.

ALCESTE

Non : de trop de souci je me sens l'âme émue.

Allez-vous-en la voir, et me laissez enfin

Dans ce petit coin sombre, avec mon noir chagrin.

PIIILINTE.

C'est une compagnie étrange pour attendre, Et je vais obliger Éliante à descendre.

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