‹ MoliereChapitre 60 sur 253 · HISTOIRE DE V AVARE AU THÉÂTRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE V AVARE AU THÉÂTRE

\u' Avare fut représenté pour la première fois sur le théâtre du Palais-Royal le dimanche 9 septembre 1668. Cette comédie fut jouée dans sa nouveauté neuf fois presque de suite avec des recettes médiocres qui furent, en suivant l'ordre des jours, le 9 septembre, de 1069 livres 10 sous, le 11, de 495 livres, le 14, de 434, le 16, de 664 (mais c'était un dimanche), le 21, de 515 livres 10 sous, le 30 (encore un dimanche), de 477 livres, 10 sous, le 2 octobre, de 271, 10, le 5, de 143, 10, et le 7, bien que ce fût un dimanche, de 255, 10. Ces renseignements nous sont fournis par le Registre de La Grange. 11 est incontestable que \ Avare ne fut pas un succès au début. Après neuf représentations, dont deux seulement avaient attiré un grand nombre de spectateurs, la première, et c'était tout naturel, et celle du dimanche 16 septembre, à laquelle assistèrent le frère du Roi et madame Henriette d'Angleterre, comme mous l'apprend le gazetier Robinet, Y Avare disparut momentanément de la scène.

On ne le reprit que deux mois après , du moins au théâtre — car il fut joué une fois à la cour en novembre — à partir du 14 décembre 1668. Le Misanthrope avait dû être appuyé, on se le rappelle, du Médecin malgré lui; Y Avare, pendant le cours de sa seconde carrière, fut soutenu, lui aussi, par une farce intitulée le Fin lourdaud, dont on ne connaît ni le sujet ni l'auteur. IS Avare, ainsi accompagné, eut, dans la seconde quinzaine de décembre, huit représentations avec des recettes honorables.

Quelle était la cause de la froideur du public? Les connaisseurs avaient ri aux excellents traits dont cette comédie est semée : elle avait plu à la cour; et cependant le succès n'avait pas été éclatant. Robinet lui-même, au milieu de ces éloges qu'il prodiguait, on lésait, avec banalité, laisse percer cependant la critique qui était faite par le plus grand nombre. On reprochait à l'auteur d'avoir pour cette pièce, comme il l'avait déjà fait pour Don Juan, violé les lois du théâtre. Toute comédie sérieuse devait, selon le préjugé, être écrite envers, la prose étant réservée à la farce. Or, V Avare était en prose. Voici l'aveu de Robinet : Molière, dit-il,

... parle en prose, et non en vers; Mais nonobstant les goûts divers, Ce(tte prose est si théâtrale, Qu'en douceur les vers elle égale.

A cette première raison s'en ajoutait une autre, du moins à ce qu'il semble. Le poète avait demandé cette nouvelle comédie non à son observation, mais aux souvenirs de l'antiquité latine. Le sujet avait été emprunté à Plante. Sans doute. Plante était alors médiocrement connu ; il était plus nouveau pour le public qu'un auteur espagnol ou italien. Mais c'était imiter; ce n'était pas créer, et Molière avait donné le Misanthrope et surtout le Tartuffe! Il y avait comme une sorte de déception dans l'attente de tous. Cependant il venait de remporter un beau et fructueux succès avec Amphitryon sorti de la même inspiration. L'auteur ou plutôt le directeur de théâtre voulait suivre une mine qui lui paraissait riche et qu'il pouvait facilement exploiter. Imiter lui était chose aisée. Le public le savait bien, et sentait vaguement que des œuvres comme Tartuffe et le Misanthrope devaient avoir d'autres lendemains que V Amphitryon et V Avare. La faveur, au théâtre, surtout pour les génies ou les talents de premier ordre, n'est conservée qu'à ceux qui s'élèvent à chaque production. Il est incontestable que V Avare, écrit avec abondance et où se trouvaient nombre de vers qui n'attendaient que la rime, avait coûté au poète moins d'effort et de peine que les comédies immortelles qui l'avaient précédé, et que dans cette autre carrière qui nous ramenait à ses débuts, Molière servait plutôt les intérêts de sa troupe qu'il ne satisfaisait le public : l'art semblait être sacrifié au métier. Telle serait, croyons-nous, la cause de l'indifférence du plus grand nombre :

cette indifférence a été constatée par les recettes insignifiantes des premiers soirs.

V Avare devait cependant reprendre le rang auquel il avait droit, et le jugement de Boileau estimant presque seul dès son apparition la comédie à sa valeur allait être universellement ratifié. Elle avait besoin que le temps fit son œuvre d'impartialité et de justice.

L'Avare fut joué en janvier, mai, juillet et août 1669, et eut onze représentations au théâtre, une à la Cour, à Saint-Germain, le samedi 3 août, avec Tartuffe. En 1670, dans les mois de mars, avril, juin, septembre; en 1671, dans les mois d'avril, mai, novembre; en 1672, dans les mois de mai, juin, juillet, août, septembre et octobre, on compte vingt représentations. Les meilleures comédies de Molière ne furent point jouées plus souvent que Y Avare. De 1669 à 1672, Y Avare parut seul : le Fin Lourdaud ne l'accompagne plus à partir du 22 janvier 1669. Le retour de faveur ou plutôt de justice s'accentue. Molière put donc de son vivant en être l'heureux témoin. On sait que Y Avare, depuis, n'a jamais quitté le répertoire, et que c'est une des comédies de Molière le plus justement applaudies. Elle est parfaitement composée : le comique y est d'une grande force, et l'observation d'une puissante vérité. Si une Célimène et un Tartuffe paraissent au premier abord des personnages plus vivants, plus modernes, sans trop de réflexion cependant, on peut s'apercevoir qu'Harpagon, qui avait des ancêtres, a eu aussi sa postérité. Plante a créé Euclion; Molière, Harpagon; Balzac, le père Grandet.

Molière a évidemment emprunté le sujet de Y Avare à la pièce de Plante, YAulularia (la Marmite). Mais il a pris plus de liberté qu'il n'avait fait avec Amphitryon. Tandis que pour cette dernière comédie, il s'était contenté, gardant la fable latine et inventant le seul personnage de Cléanthis, de donner à sa traduction, pur ouvrage de cabinet, je ne sais -quoi de l'aisance gauloise dans le tour et le charme d'une langue parfaite et d'une versification facile, pour son Avare , il a absolument transformé la donnée pri-. mitive. L'avarice est une passion dont le fond est immuable. Elle ne varie que dans ses effets et par le temps où elle s'exerce. Plante l'avait peinte; Molière, venant à son tour, a conservé les principaux traits de la physionomie; mais il a marqué cette physionomie du caractère de son époque. Le modèle a changé de costume.

L'Avare de Plaute s'appelle Euclion. C'est un véritable indigent. Tout à coup il trouve dans son jardin une marmite pleine d'or. Jugez de son affolement! Le voilà riche! 11 ne sait que faire de son trésor. Moins joyeux que le savetier de la Fontaine, il est aussi tourmenté et embarrassé de sa bonne aubaine. Il a peur d'être volé, et, pour éviter ce malheur qu'il ne pourrait supporter, il cache soigneusement à tous son heureuse fortyine. Il est plus pauvre que jamais, dit-il à tous venants, et il ne détourne pas de la marmite la moindre pièce d'or pour soulager sa misère. Il n'a qu'un souci : la dérober aux regards indiscrets. Aussi à chaque instant il la change de place : il ne trouve jamais de cachette assez sûre.

Euclion a une fille unique, dont il est question pendant toute la pièce, mais qui ne paraît pas sur la scène. Elle prie tous les jours avec ferveur le dieu Lare qui protège l'humble foyer de son père. Touché de sa piété et désireux qu'elle épouse le mari qui lui plaît, le dieu a fait découvrir au bonhomme ce trésor. Du temps de Plaute, comme de nos jours, la dot était le prélude nécessaire du mariage. Mais de tout temps aussi il a existé des pères qui souhaitent de marier leurs filles sans qu'il leur en coûte rien. Euclion est de ceux-là. Il s'est bien gardé de parler de la marmite à sa fille. Aussi agrée-t-il avec empressement la demande en mariage que lui adresse un vieux voisin, le riche Mégadore. Celui-ci consent à prendre femme sans dot, et s'engage à payer tous les frais de la noce.

Mégadore envoie chez son futur beau-père les cuisiniers qu'il a loués pour préparer le repas. Méfiant et craignant pour son or, Euclion les injurie, les bat et les chasse. Mais à peine sont-ils partis qu'il court à son jardin pour s'assurer que la marmite est toujours à sa place. Un esclave, surprenant le secret de ses inquiétudes, a fini par la découvrir et la voler.

Euclion connaît bien vite toute l'étendue de son malheur. Il se livre à un violent désespoir. On lui a pris ce qu'il avait de plus cher au monde ! Tandis qu'il pleure et s'arrache les cheveux de colère, un jeune homme accourt; c'est le maître du larron et le neveu de Mégadore. Il aime depuis longtemps la fille d'Euclion et il en est aimé. Leur mariage est devenu une nécessité. Il appartient à Euclion de lui laisser un bien qu'il lui a ravi , il le reconnaît,

mais il est tout prêt à réparer sa faute. Euclion, qui ne songe qu'à son or, répond tout de travers au jeune homme. Il ne comprend pas la métaphore; ce bien, dont il s'agit, ne peut être que sa marmite. L'esclave vient annoncer à son maître le larcin qu'il a Commis. Le jeune homme réclame l'or pour le restituer à Euclion. La pièce latine s'arrête là. Il semble probable qu'à la fin la marmite était rendue à Euclion qui la gardait pour lui; la fille d'Euclion épousait le mari qui lui plaisait, selon le désir du dieu Lare; Mégadore, en bon oncle qu'il était, comprenant qu'il lui convenait de céder le pas à plus jeune que lui, dotait ses neveu et nièce et se chargeait de toutes les dépenses. Le dénouement imaginé par ce professeur du quinzième siècle, qui essaya de remplir la lacune du manuscrit inachevé de VAulularia, Urceus Codrus, est tout simplement ridicule. Ne nous montre-t-il pas Euclion si joyeux d'avoir retrouvé son or qu'il le donne spontanément au jeune homme en même temps que sa fille? On ne demandait point à Codrus d'être un observateur. Mais en sa qualité d'érudit, il n'aurait point dû oublier le précepte d'Horace : un caractère doit rester jusqu'à la fin ce qu'il est au début de la pièce.

Avant d'être traité par Molière, le sujet de Y Avare le fut par Pierre de Larivey, le premier, avant Molière, qui ait imité l'antiquité et le théâtre italien avec un discernement habile. Dans sa comédie des. Esprits inspiré à la fois des Adelphes de Térence et de VAululaire de Plante , nous voyons un vieillard grondeur, du nom de Séverin, qui est en même temps un avare. Il a deux fils, Urbain, qu'il élève avec sévérité, et le cadet dont s'est chargé son frère Hilaire, brave homme plein de douceur et d'indulgence. Les deux jeunes gens se ressentent de cette éducation contraire : Hilaire n'a qu'à se louer de son neveu; Urbain est un mauvais sujet. Vous vous rappelez la fable des Adelphes et celle de ÏÉcole des Maris de Molière. Voici maintenant l'imitation de la fable de VAululaire. Séverin a dû faire un voyage pour ses affaires. Séverin est riche, mais ne veut point le paraître. En cela, il diffère d'Euclion qui , nous l'avons vu , est pauvre avant la découverte de la marmite et reste pauvre après. Urbain profite de cette absence pour traiter magnifiquement ses amis et sa maîtresse Féliciane dans la maison de son père. Retour imprévu du bonhomme. Comment faire pour lui cacher la folle équipée? Son valet Frontin

trouve le moyen. Il lui persuade que la maison est hantée par des esprits; la ruse réussit. Cependant on dérobe au vieillard une bourse qu'il avait enterrée. Comme Euclion, il crie, tempête, demande son argent à tous les échos. On promet de lui rendre la bourse à la condition qu'il laissera Urbain épouser Féliciane. Féliciane, que l'on croyait sans fortune, est au contraire fort à l'aise; il lui tombe au dénouement un père qui est un riche marchand protestant, échappé au massacre de la Saint-Barthélémy. Hilaire s'engage à payer les frais de la noce.

L'Harpagon de Molière est riche et connu pour tel. Il en est de même de Se vérin. Aussi leur position est-elle beaucoup plus comique que celle d'Euclion qui est regardé comme pauvre. Elle les expose à toutes sortes d'embarras dont naîtra le rire. Ainsi Harpagon sera obligé de donner un repas à une jeune fille qu'il veut épouser, et rien ne sera plus amusant que la situation où il est de traiter la belle par nécessité et le désir qu'il a de le faire cependant avec le moins d'argent qu'il se pourra. Molière, pour la création de son principal caractère, est un peu le débiteur de Larivey. Il a compris qu'un avare riche, usurier, « fesse-mathieu », ainsi que l'appelle Maître Jacques, intéresserait beaucoup plus qu'un pauvre diable, devenant riche tout à coup, — c'est le cas d'Euclion, — ébloui comme le savetier de la fable devant tant de pièces d'or, affolé, et partant excusable. Harpagon, au contraire, ne mérite aucune circonstance atténuante. C'est un ladre de la pire espèce. Il aime l'argent pour l'argent. Cette passion lui fait oublier ses devoirs de père de famille : il y laisse toute sa dignité. Harpagon est un usurier, « un Juif, un arabe » qui prête « plus qu'au denier quatre » , profite de la situation de jeunes gens réduits par l'avarice de leurs pères à trouver des ressources à quelque prix que ce soit pour leur faire accepter, outre « le furieux intérêt qu'il exige » des hardes, nippes et bijoux qu'ils seront obligés de payer argent comptant le jour de l'échéance. Il prête sans le savoir, dans ces conditions draconiennes, à son propre fils. A-t-il le droit de lui reprocher sa prodigalité?

Harpagon a une fille. Élise, dont-il.ne s'occupe pas, et qui, à son insu, se risque dans une aventure répréhensible en soi et dont les conséquences seraient honteuses , si celui qui la courtise n'était un fort galant homme, comme sont d'ailleurs tous les amoureux

de Molière. Ce jeune et mystérieux personnage est Valère. Pour entrer dans la maison d'Harpagon et se rapprocher d'Élise, il s'est présenté à l'avare en qualité d'intendant, mais sans gages. Il a été accueilli, et depuis ses services gratuits sont d'autant mieux appréciés qu'il flatte en toutes choses les manies du maître de céans. Il espère à la longue gagner la confiance du père et obtenir plus facilement la main de la fille. Si Harpagon n'était un avare, si son égoïsme et aussi sa vanité ne l'aveuglaient, ne se fùt-il point méfié d'un domestique qui ne veut point être payé , n'eùt-il point flairé une aventure romanesque? Heureusement que Valère respecte l'aimable jeune fille qui s'est fiée à son honneur. On voit, au dénouement qu'il est digne d'elle aussi bien par la naissance que par le cœur. Qui serait responsable, si les choses tournaient mal? Son fils Cléante ne reçoit pas de lui le moindre secours; aussi joue-t-il avec frénésie et s'adresse-t-il aux usuriers qui écornent d'avance l'héritage à venir déjà livré par lui aux hommes d'affaires. S'il spécule sur la mort de son père et même la promet à brève échéance pour exciter l'intérêt des prêteurs, à qui la faute? Ce qui excuse un peu Cléante, c'est sa générosité. Il contracte une dernière dette pour adoucir la condition médiocre de Marianne qu'il aime, avant de savoir que son père a jeté les yeux sur elle, et de la mère de Marianne. La pauvreté de ces femmes sympathiques lui inspire une tendre pitié. Son choix, du reste, est des plus heureux. Marianne se trouve être la sœur de Valère et la fille du seigneur Anselme qui demande au dénouement à Harpagon pour son fils la main d'Élise et qui donne Marianne à Cléante. Harpagon a des valets; mais il les habille à peine, les paie mal, et les chasse à la veille des étrennes. Il a un carrosse et des chevaux, mais la voiture, achetée d'occasion sans doute, a toujours besoin d'être réparée et ne sert pas, et les chevaux sont maigres à faire pitié, ne prenant ni exercice ni avoine. Leur cocher, qui est en même temps le cuisinier de la maison, se ferait scrupule de les conduire en pareil état. Une fantaisie lui vient, celle d'épouser une jeune fille, dont on lui a vanté la simplicité, et qu'il croit riche. J'avoue qu'au premier abord on s'explique peu Harpagon amoureux ou même désireux de prendre femme. Peut-être Molière a-t-il voulu, par cette invention, nous dépeindre avec plus de force l'égoïsme de ce barbon. Il ne cherche qu'une compagne qui sera son souffre-douleur pour

remplacer Élise et Cléante que leur majorité ou le mariage peuvent d'un moment à l'autre affranchir de sa tutelle. Il est à la veille, d'ailleurs, de se débarrasser de l'un et de l'autre : il a songé au seigneur Anselme », quinquagénaire riche et accommodant, pour Élise, et il réserve à Cléante une veuve mûre qui lui apportera une grosse dot. Son avarice ne l'abandonne pas un seul instant : elle est à la fois raisonnée et exclusive. Ses enfants doivent penser comme lui, et ne considérer dans le monde que l'argent : la jeunesse, la conformité de caractère, d'âge et de sentiment, l'inclination, chansons que tout cela! L'argent, voilà le maître des cœurs! n'oublions pas, du reste, que s'il veut épouser Mariane, c'est que Frosine, l'entremetteuse, l'a assuré qu'elle avait du bien. Rappelez-vous sa grimace significative quand la commère lui constitue une dot imaginaire en énumérant toutes les dépenses que ne fera pas Marianne. Il n'entend raison que lorsque Frosine, pour, couper court à la discussion d'intérêt, lui dit : Mon Dieu! vous toucherez assez! » Il touchera, cela lui suffit. Elle peut avoir des espérances. Et ses habitudes d'économie, après tout, lui font entrevoir une réelle compatibilité d'humeur entre sa future femme et lui. Mais ce caprice, qui nous parait moins singulier après examen, ne le détourne point de son idée fixe; il n'a d'yeux que pour sa chère cassette, il reste ladre, bien qu'il feigne l'amoureux, et il ne paie Frosine d'aucune générosité pour son bon office. Et, quand on lui a volé son argent, « son cher argent, » il ne pense plus à Marianne; c'est à peine si pour lui elle a existé. Quand sa cassette lui est rendue, il consent atout ce qu'on veut, à la condition que le seigneur Anselme se charge de tous les frais et lui achète un habit pour le mariage. Jusqu'au bout son caractère reste le même. Une seule passion l'absorbe, l'avarice; le poète n'a voulu que peindre cette passion , et il y est entré aussi profondément qu'il était permis à l'observation humaine.

Que doit Molière à Plaute? Il ne lui doit que l'idée de peindre l'avarice. Mais il a changé les circonstances de l'action, et le personnage principal lui-même est absolument transformé. Il n'a emprunté que quelques traits çà et là au poète latin. Ainsi Mégadore, qui consent à prendre, comme nous l'avons vu, sans dot la fille d'Euclion, a inspiré les tirades de Valère, au premier acte, où l'intendant supposé déclare qu'une jeune fille n'a rien à examiner quand

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