‹ Molière musicien; notes sur les œuvres de cet illustre maître, et sur les drames de Corneille, Racine, Quinault, Régnard, Montluc, Mailly, Hauteroche, Saint-Évremond, Du Fresny, Palaprat, Dancourt, Lesage, Destouches, J.-J. Rousseau, Beaumarchais, etc.; où se mêlent des considérations sur l'harmonie de la langue françaiseChapitre 10 sur 90 · I. P. nm BiftAiiGn · texte numérisé non relu

I. P. nm BiftAiiGn

— Martin cita, chanta des chansons de Martin à plusieurs parties, des chansons dialoguées entre les l>ergers et les bergères, des chansons poitevines entre des bergères qui s'appellent par des huchemenls d'une syllabe : Ou! oupi ou! oup (1)/ des chansons bourguignones : Gué! 6 gué (2)/ des chansons d'une province avec la réponse d'une autre province. Ce joyeux monosyllabe est dans les noëls bourguignons les plus anciens. » A. A. Monteil, Histoire des Français des divers états,

L'Académie écrit tuorbe et prononce torbe. Nodier écrit ihéorbe ou ifiuorbe. Ce mot venant de Tilalien Tiorba^ nom de l'inventeur de l'instrument qu'il désigne, nous devrions écrire et prononcer tiorbe. Suivons pourtant l'exemple de Bacilly, de MoHère, de Ninon de l'Enclos, en disant ttiéorbe; mais écrivons téorbe, puisque ce vocable n'a point une origine grecque. Le Gallois (1680) écrit tetmbe. On avait jadis la manie d'ajouter une h à des mots qui ne réclamaient point cette lettre. Mazarin appelle en France des moines de Teate, ville d'Italie, et le nom de ces religieux téatins est flguré d'une manière étrange et ridicule théalins.

Bien que dérivé du lutn, instrument fort ancien, le téorbe venait d'être inventé lorsque Louis XIII monta sur le trône. Les Français jouaient du téorbe sans trop savoir comment ils devaient le nommer ; de là provient la variété des appellations qu'il reçut, et l'incertitude que nos dictionnaires montrent encore à l'égard de l'orthographe et de la prononcia--

(0 Vénerie de du Fouilloux, Comme Us bergères érodent leurs brebis, (2) JNoeU et chansons, par Martin, Lyon, Bonhomme, 1656.

LES FRÉOKUSBS BIimULES. 7t

tioD de ces vocables. Scarron nous fait coDiiattre rembarras que les Parisiens éprouvaient quand ils voulaient désigner rinstniment nouveau dont les virtuoses à la mode venaient de s'emparer. — Mantigny passant le long de la muraille d'uD jardin, entendit accorder un tbéorbe dans un cabinet bâti sur le chemin. Il avait appris à chanter et à jouer du luth étant page ; le métier de la guerre ne l'avait point empêché de le cultiver» et d'acquérir la même réputation de bien chanter. U ne faut dojic pas s'étonner s'il arrêta son cbeval quand il ouït toucher les cordes d'un théorbe, instm^ mem dont le nom à Paris n'est pas inteUigible à tout le monde. La personne qui le touchait l'accordait en mattre ; c'est ce qui lui fit attendre ce qui eh arriverait. Enfin, il entendit préluder sur le théorbe , et ensuite une parfaitement belle voix, qui était conduite de méthode, chanta un air sur une absence avec une grande justesse, et d'une manière fort touchante. Il ne se put tenir de dire assez haut pour être entendu, que Lambert n'aurait pas mieux cbanté. ce Scarroic, Histoire de Mantigny, gentilhomme iicilien. Fragment d'une yn* Nottvdie.

L'exemple que me donne le gentilhomme sidlioti m'en* hardit et m'engage à dire assez haut pour ôtre entendu, que nos académiciens de tous les temps ont parfaitement ignoré l'origine des mots tuorbe, torbe^ théorbe, ihuorbe^ teurbe, qu'ils ont forgés à plaisir sans en connaître le radical Tiarba*

Les peintres, les poètes et même les graveurs en médailles ont placé le luth» le téorbe, le violon, dans les mains d'Apollon, des Muses et d'Orphée. Un peintre du moyen âge n'avait-il pas armé d'un fusil Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac ? La Vieuville de Fresneuse n'a-t-il pas écrit en 1 704 : — Jamais la musique ne fut plus en vogue à Rome que du temps de Néron ; au dire de Martial, il suffisait de savoir jouer du violon pour y faire fortune. »

Ces anachronismes drolatiques me rappellent un autre sacrifice d'Abraham, où le peintre, fils d'un coutelier, avait mis un sabre dans la main du patriarche, Ce glaive prêt à

8P L^ PRÉCilSUSBS R»ICfH.B&

frapper la vielime» portait sur sa lame : Au C ccumnmé^ Colin^ cùuklier à Langres.

— E'md, en arabe, sîgnîie toule espèce de bois en général, une machine, un insirumeni quelconque. Coaune nom d*im instrument de musique, il a passé dans plusieurs langues, où diverses altérations l'ont rendu méconnaissable. En réunissant l'article avec le nom eMmid , fe'otid, les Turks en ont corrompu l'orthographe , et Tont écrit et prononcé laaiUah. Les Espagnols, qui selon toute apparence tinrent ce mot di« rectement des Sarrasins, en ont moins altéré la prononciation et l'orthographe dans laoudo. Les Italiens ont écrit leuto, puis Uuio. C'est de là. peut-être, ou de la connaissance que les Français eurent de l't^oud en Orient , au temps des croisades, que nous est venu le nom de luth. » Villoteau, Sur la mu9ique (ks Égyptiens.

De l'italien Aaroaroto nous avons fait teficarofe; pourquoi l'Académie écrit-elle barcaroUe ? Pourquoi dénaturer la physionomie des mots en ajoutant, à contre-sens , une lettre qu'on ne saurait prononcer doublement sans être ridicule T Je préfère notre ancien mot barquerak , employé par Danchet dans les Fêtes vénùiennes (1712), à tfarcaralk buriesquement orthographié. Les consonnes doublées indiquent aux Français une syllabe dont il faut accélérer la prononciation, et barearola , accentué par les Italiens sur sa pénultième syllabe, est long dans sa terminaison. Barearôk serait beaucoup moins impertinent que barearoUe.

En 1615, d*Aubigné disad : — Je voudrais que cette grammaire fût châtrée d'une grande quantité d'adverbes, comme ckemellemenit réaUemeni^corporeltemmUt trwMubskmiieUemeni: et d'autre c6té saeramenieUement^ iigurément, qm^ttueUemanl, mtffa* bkmenif aeeamodémeni. Et encore parmi les courtisans tant de ext/rémement f je smis votre sermieur itemdlemeni: et aujourd'hui court fiérieusetnent, jusqu'à dire il est sage, U est doux fimeuse^ mail. La première bande de ces adverbes a trop peté dans les écoles , et trop fait peter de coups de canon. Les autres emplissent la bouche des plus sots courtisans, et cet accom-

nuMfaffMMi, ^1 terme de haute volerie et de gibecière» ou style de boorreau pour raccommodement de la corde au patient. On use mal aussi de plusieurs adverbes à la cour, comme je TOUS aime horribkmerU ; on dit même grandement petit, » Le harom de Fœnegte^ uteb m, chapitre 23.

Après avoir de la sorte anathématisé les adverbes sans fin de son temps , il est probable que Théodore Agrippa d'Aubîgné n'eût pas accueilli gracieusement des mots tels que œnim'éooltUiownairemmU, inconstitutiomellement, dont le patois parisien a fait la conquête.

■ASCARILLS.

Vous ne me dites rien de mes plumes! comment les (roavez-vous ?

CATBOS.

Eftoyablement belles.

Furieusement bien, teniblement boUj le sublime [ le cerveau ] en est touché délicieusemeni.

PUILAMINTE.

J'aime superbement et magnifiquement :

Ces deux adfçrbes joints font admirablement.

Les Femmes savantes, Acte ni, scèoe i.

Vous voyez que Molière faisait aussi la guerre aux adverbes français, verba sesquipedalia.

— M. le procureur-général , votre frère , m'a donné une pension sans que je la lui aie demandée, et vous m'êtes venu voir sans que j'aie brigué l'honneur de votre visite. Une telle bonté me donne à vous terriblement, pour parler à la mode. » SCARRONy lettre à Monseigneur **\

MASCARILLB.

Vicomte , as-tû U ton carrosse ?

lODBUT.

Poarqaoi?

MASCAKILLE.

Nous mènerions promener ces dames hors des portes, et leur donnerions un cadeau.

MIDRLON.

Noos ne saurions sortir aujounrtiui.

8» LES PRliGIEUSBS RIDICULES.

MASUBILLI.

▲yoDs done des viotoDs pour danser*

— On se tromperait sur le sens de cette expression, donner un cadeau, si Ton ne consultait que l'usage actuel. Aujourd'hui cadeau signifie présent: du temps de Molière il signifiait repas donné à des femmes, et c'est dans ce sens que Mascarille l'emploie. »

Et si le repas est donné par une femme à des hommes; s'il ne s'agit pas du tout d'un festin, mais d'un concert, d'un bal, d'un spectacle, d'une joule, d'un feu d'artifice , dois-je me contenter de cette explication , lancée par le commentateur Âuger avec le burlesque aplomb des académiciens ? Plusieurs moutons l'ont adoptée, grand bien leur fasse I Voyez les notes sur Belphégor dans la très jolie édition des CojUes de La Fontaine y Paris, Brière, 1824, 2 vol. in-21.

Après la chère grande et belle , On fit sonner le boute-selle , Et Ton revint toute la nuit , Non pas sans doute à petit bruit.

Au camp que notre auguste reine , Cette divine souveraine.

Avait, pour donner son cadeau, Fait faire aussi près le château.

La reine Marie-Thérèse, mettant le couvert dans les champs, aux entours de Fontainebleau, le 2 juillet 1666, pour régaler son époux Louis XIV, et son beàu-frère Monsieur, me paraît une femme donnant à deux hommes un cadeau.

Soulier, chaussure pour les femmes; celte définition, digne d* Auger , et tout aussi claire , précise que la précédente, ne manquerait pas d'être adoptée. On la copierait, on la reproduirait en caractères mobiles sur la foi d*un académicien , jusqu'au moment où quelque chasseur parisien, poursuivant le gibier sur les hauteurs âpres et siliceuses du Ventour, jugerait que les pieds sanglants de ses chiens demandent à grands cris des souliers. Le mal s'est déclaré, vite cherchons le remède ; il va se présenter aux yeux du chasseur inquiet.

LS9 PRÉCntUSBS BlDlCtlLES. M

En trayereant le Revest-du-Bion, dans la plus belle fue de ce Tillage des Basses-Alpes , il lira celle enseigne consolatrice : Bortlj du leMttre, barbier y coiffeur, perruquier, fait bottes, brodequins et souliers pour hommes^ femmes et chiens. Soyez cerlain que la gent canine se laissera chausser galamment, et portera ses deux paires d'escarpins avec autant de bon sens que de coquetterie.

La promenade dans les bois Et la Fraoçaise-Gomédie * Qu'accompagnait la mélodiet Ont été les plaisirs charmants Et les plaisants esbattements De cette cour brillante et leste.

Dans cet Eden presque céleste.

Où Tair» le ciel, la terre et Tean, Lorsqu'on j fait royal cadeau.

Montrent, pour le rendre agréable.

Tout ce qu'ils ont de plus aimable.

Vous voyez que nul festin, repas, collation ne fut servi que le divertissement offert à la cour ne s'adressait point aux femmes particulièrement Que devient la définition d'Auger, repas donné à des femmes'? le cadeau de l'académicien s'est évanoui.

M"* Dangeville , delà Comédie-Française, possédait une villa charmante à Yaugirard, oCi plusieurs carrossées d'amis et d'amies, tout une bande joyeuse, étaient venus la visiter après dinar. Celte brillante compagnie, ayant fait maintes promenades , se préparait à retourner à Paris ; la dame châtelaine, prévenante et gracieuse, retint ses aimables hôtes, disant qu'elle avait envoyé son Ergaste au galop quérir des violons, afin d'improviser un bal champêtre, et que le diligent émissaire amènerait les musiciens avant cinq heures. A cinq heures trois quarts , l'Ergaste enlre dans le salon , très affairé. Sa maltresse lui dit : — Oîi sont les violons T — Mademoiselle , je cherche ma bride et n'ai pu la trouver encore. »

11 fallut se contenter de la collation , le cadeau projeté ne réussit qu'à moitié.

▲lors ta divine Uranie ( l ) , Par sa plus fine symphonie, Commença le rojal cadeau :

Et ce concert*là fut si beau Que chacun devint lout oreilles Pour en admirer les menreilles.

La musique seule figure à ce cadeau, que Madame offrit au roi, le 6 janvier 1666, en son château de SaintCloud. On s y repatt de chants, de symphonies; une femme donne ce concert à son beau-frère. Le cadeau si bien défini par Auger, esSil encore un repas donné à des femmes?

Le cadeau le plus brillant, le plus somptueux que je puisse décrire et citer, le plus extraordinaire que l'histoire de la galanterie française nous ait transmis, est le Régale des Darnes^ mélodrame en cinq actes et vingt-cinq tableaux, avec chants^ symphonies, ballets, grand spectacle, décors superbes, machines, tours d'adresse, de force, métamorphoses, costumes et mise eu scène qui tenaient du prodige» dont l'auteur, parolier et musicien anonyme, avait fait toute la dépense pour le divertissement de la dame de ses pensées, représenté lo 28 avril 1668, à la foire Saint-Germain. L'auteur et la dame restèrent inconnus.

— Donner un eadeauy signifiait autrefois donner une fêu^ donner un repas. Le père Bouhours fait venir ce mot de cadendoy parce que, dit-il, les buveurs chancellent et tombent, et que c'est ordinairement comme finissent les cadeatAx. » Notez que les cadeaux n'étaient offerts qu*à des femmes, s'il faut en croire Auger. Un autre commentateur de Molière, Aimé Martin, m'a fourni les lignes que je viens de citer.

Quelle indécente, grotesque et pitoyable étymologie I Bonhours ne craint pas de la mettre en lumière^ et d'autres gl >s-

(l) Madame HenrieUe d*Angle(erre, qui louchait très-bien le chyecia.

LES PllÉClEUSES RIDICULES. 85

saleurs vienoent i la file, et sans examen, jurer sur la foi du maître en la reproduisant! Le savant et naïf jésuite pouvait aller plus loin encore ; si le bon père avait connu la lan* gue provençale, nous l'aurions vu terminer son esquisse, en montrant ses bacchantes et ses ivrognes /b^ent de cadeous (l), puisqu'il avait osé les coucher sous la table.

Est-il possible d'expliquer ce que soi-même on ne comprend pas? Si le père Bouhours avait commencé par définir d'une manière lucide, précise, complète surtout, le mot suranné cadtau^ croyez qu'il ne serait point allé chercher au cabaret rétymologie de ce vocable. Donner un cadeau, signifiait autrefois donner une fête, un repas, j'en convieus ; mais cette fôte ou ce repas ne devenait cadeau qu'en étant offert à Timproviste, sans invitation préalable, en impromptu, sans préparation à l'égard des convives, réunis sous un prétexte étranger au régal qu'on leur destinait. Ce projet mystérieux, cette galanterie en secret méditée, faisant son explosion au moment où nul ne pouvait s'en douter, était une surprise, un' aecaduto^ comme disaient et disent encore les Italiens, une chose qui tombe des nues, une bombe, heureusement fort innocente. AccadtOo, abrégé, francisé, dans une cour où l'espagnol et l'italien se mêlaient sans cesse au langage national, est devenu cadeau.

Le père Bouhours était sur la bonne voie en désignant le verbe latin cadere comme le radical de cadeau; mais il s'est trompé dans l'application qu'il en a faite. Avant de comparer les mots latins aux termes français, il faut les suivre dans la route qu'ils ont pu tenir d'abord. En examinant les premières métamorphoses que les Italiens ou les Provençaux leur ont fait subir, le nouveau sens figuré qu'ils leur ont prêté; nous arriverons sans peine à connaître la vérité. Cadere, cadendo, signifiant tomber, en tombant, ne pouvait rien apprendre à Bouhours, aussi voyez-vous qu'il l'a fait tomber dans l'erreur la plus étrange; mais accaduto, latin italianisé, venant de

(t) Résalui ordinairt d« mal de mer.

cadere ; accadvio qui signifie mrprise^ chose qui tombe des nues, devait lui montrer l'origine réelle de cadeau.

M"* de Sévigné desirait-elle visiter la galerie de tableaux de M. de Saint-Aignan, et se promener dans le superbe jardin de c% duc, pour en admirer les arbustes prédeux* les fleurs rares, les oiseaux retenus dans leurs Volières élégantes? Le jour, Theure étaient désignés; et, lorsque cette dame et sa compagnie avaient terminé leur visite, leur course d'amateurs, elles rencontraient une table splendidement servie sous un berceau de tilleuls; la galerie se peuplait de chanteurs, de violistes, de joueurs de luth et de téorbe, qui sonnaient et chantaient pendant le festin, et cédaient la place aux vingt-quatre violons appelés pour le bal. Voilà ce que l'on nommait avec raison un cadeai^ Le duc de Saint-Âignan eût offert solennellement par invitations une fête cent fois plus belle, que nul au monde ne l'aurait qualifiée de la sorte. Ce régal somptueux, brillant et varié, n'eût étonné personne, puisque chacun tenait sa lettre de convocation ; cette galanterie annoncée, affichée, perdait les deux tiers de son prix : elle ne tombait pas des nues, ce n'était donc pas une surprise, tifi' accadiUOt un cadeau.

Dans Ui Prédevses ridicules^ Mascarille prend le rôle que je prête au duc de Saint-Âignan. Il invite ces dames à la promenade, un de ses affidés irait commander le festin, assembler des ménétriers ; et Madelon, Gathos et leur société trouveraient ce cadeau préparé, lorsqu'il serait temps de se reposer, avant de rentrer à Paris.

Appeler des musiciens, faire apporter en secret une collation, en un lieu dans lequel on s'est réuni par hasard ; donner feg violom à toutes les dames, ou bien réserver cet honneur h celle que Ton proclamait hautement la reine de la fête improvisée, était encore un cadeau. Cette reine, quelquefois inconnue à toute l'assistance, n'était pas toujours confidente de cet hommage mystérieux.

L^aatre jour, dans on joli lien Digne quaâ d'an demi^ieo,

Oh Ton souffrit ma compagnie.

Maint rare et sublime génie Qu'on ne peut trop complimenter Sur leur bel art pour bien chanter.

Mariant leurs voix angéliques Sur des ÎDstrùments de musique, Firent dans ce cher paradis.

Sur le beau sujet que je dis, Maint accord si doux et si tendre, Qu'ayant Thonneur de les entendre, l'en pensai, presque à tout moment.

Pâmer anriciîlairement.

On m'en pourra croire sans peine, Si je dis que de La Yarenne, Nom en maints lieux assez chéri, Tant fille, femme que mari, Étaient de ladite partie.

Qui, de plus, était assortie DeTagliavacc' l'Il^ien, Dont on fait cas jusqu'à très-bien, De monsieur de Niel, l'admirable.

Du sieur Gauthier Tincomparable ; Rref, de plusieurs autres esprits.

Tous gens d'honneur et gens de prix, Qui pour écouter s'y trouvèrent, Et qui bien collationnèrent Par les ordres d^un jouvenceau Qui fit les frais de ce cadeau, Fort honnête et généreux homme, Mais qui ne veut pas qu'on le nomme.

LORET, Miise historique f i4 juillet 1665.

Vous voyez qu'ici la surprise fut complète au dernier point : Tamphitryon, présent à la fête, voulut garder Tanonyme. Les cadeaux en musique avaient été les seuls concerts donnés en France jusqu'au 2 octobre 1655, où des chanteurs et des instrumentistes renommés annoncèrent le premier concert public. On y fut admis en payant à la porta, comme au spectacle ; cette réunion musicale eut lieu dans une salle du Palais-Royal.

M"* Payen, claveciniste, accompagnée de deux ▼ioles^asastée de M. et de M»* Hédouin, chanteurs, s'était failentaiidre

88 • LES PRÉCIEUSES RIDICUIfiS.

avec succès )e 7 décembre 1652. Coule), claveciniste^ usant du même moyen pour se produire dans le monde » avait réuni beaucoup d'amateurs au concert qu'il donna l'année suivante.

La petite poste venait d'ôtre établie en août 16539, et des mécbants s'efforçaient de la discréditer, en supprimant les dépêches, qu'ils remplaçaient par des souris vivantes. Goutel avait jeté presque toutes ses lettres d'invitation dans lesbott^ de la petite poste , elles furent soustraites par des mains ennemies; ce qui porta le plus grand préjudice à son concert Le port d'une lettre prise et remise dans Paris coûtait alors un sou tapé.

— Certaines bottes étaient lors attachées à tous les coins des rues , pour faire tenir les lettres de Paris à Paris ; sur lesquelles le ciel versa de si malheureuses influences , que jamais aucune lettre ne fut reniue à son adresse ; et, à l'ouverture des bottes , on trouva pour toutes choses des souris que des malicieux y avaient mises. » Furetièrc, k Itofnan bourgeois t page 832.

Siffrcdi et sa nièce M*"* Requien , jouant de la guitare et de la mandore, s'étaient fait applaudir en juillet 1654, mais sans exiger aucun prix.

Jolie, aimable, admirée, adorée par Télite des galants de la cour et de la ville. M"* Requien fut enlevée par de^ soldats maraudeurs, qui la surprirent à sa campagne le 22 avril 1652, et la rendirent saine et sauve, quinze jours après, à sa famiPe, à ses poursuivants éptorés , sans exiger d*eux la moindre rançon. Généreux voleurs !

En 1670, Charles Coypeau , sieur d'Assoucy, troubadour vagabond, voulut ftiire connaître aux Parisiens les exercices mélodieux qu'il prodiguait depuis longtemps aux provinces; mais sa première annonce le fit conduire à la Bastille avec ses deux sopranes qu'il nommait enfants de musique. Ils y furent enfermés chacun dans un réduit particulier, ce qui nuisait beaucoup à l'exécution des trios , des duos mêmes. Voici comment le poète musicien raconte ce cruel désap-

L£S PRÉCIKISËS RIDICULES. 89

poinfemenC— -J'avais fait afficher par tout Paris mes concerts chromatiques, et traité de mes Âtentures avec un libraire du Palais ; j'étais sur le point de jouir de la gloire de mes persecutions, et de recueillir le fruit de mes travaux , lorsque je fus arrêté chez moi par un commissaire suivi de plusieurs satellites. » C'était pour la même facétie qui déjà l'avait fait emprisonner à Montpellier. Sa détention à la Bastille dura sixhonsnuns.

Je me suis lancé, je ne sais trop pourquoi, dans un océan de cadeaux ; j'aurais bien mieux fait d'expliquer Molière par lui-même, en vous présentant d'abord ce que l'auteur des Précieunen dit en huit autres endroits de ses comédies au sujet des cadeaux. Peut-être ai- je voulu vous réserver cela pour le bouquet.

Des promenades du lemps, Ou dîners qu*on donne ayx ckamps, Il ne foui point qu'elle essaie :

Selon les prudents cerveaux, Le mari dans ces cadeaux, Est toujours celui qui paie.

Le tuteur d'Agnès parlait-il assez clah*ement aux commentateurs des Pricietises ? et pourtant ils ne l'ont pas compris. VÉcok des Femmes pourrait me fournir une autre citation ; mais je veux aller chercher un concert dans les Amants magnifiques*

CllTlDAS.

Mais vous, plutêt, que feîles-TOus ici? ci quelle secrète mélanooUe, quelle humeur sombre, s'il tous platt, vous peut retenir dans ces bois, tandis que tout le monde a couru en foule à la magnificence de la fête dont l'amour du prince Iphicrale Tient de régaler sur la mer la promenade des princesses ; tandis qu'elles y ont reçu des cadeaux merveilleux de musique et de danse, et qu'on a vu les rochers et les ondes te parer de dÎTinités pour faire honneur à leurs attraits ? » {Jeté I, seine 1 .)

En nous parlant des fêtes, des concerts, des bals, des festins, des spectacles donnés par Louis XIY en ses divers palais, fêtes champêtres ou non, les historiens se servent des exprès*

sions que je viens d'employer ; mais si Tun ou plusieurs de ces divertissements postés, groupés au coin d'un bois, sont rencontrés à Timproviste dans une promenade , une partie de chasse , on aura soin de les désigner sous le nom de

Les collations figurées, Les charmants et friands desserts, La promenade et les concerts Forent du cadean de Versailles.

ROBiHBT^ is septembre i665.

Après avoir couru le cerf , Louis XIV termina son cadeau par une comédie-ballet , ï Amour médecin ^ exécuté, dans la forêt de Saint-Germain, par Molière et sa compagnie.

Je vais terminer à mon tour cette digression, en disant que le mot don exprime l'action de livrer gratuitement , ou la chose gratuitement livrée, par opposition à ce qu'on donne pour prix, pour salaire, pour acquit à titre onéreux. Le présent est ce qu'on présente en main, ce qu'on donne de la main à la main. On fait don d'une maison, d'une terre ; on fait présent d'un collier de diamants, d'un voile de dentelles ; mais ce voile ou ce collier sera l'objet d'un cadeau , s'il est donné mystérieusement , s'il tombe des nues et cause une grande surprise, étant offert par quelqu'un dont on ne doit rien attendre.

Les précieuses de l'hôtel Rambouillet nommaient l'eau k miroir céleste; xin miroir, le conseiller des grâces; un bonnet de nuit, le complice innocent du mmsonge ; un chapelet, la chaîne spirituelle; les filous, les brutes incommodes; un souris dédaigneux, un bouillon d'orgueil; le point du jour, un ciel gros de lumière; un violon, famé des pieds; et la maîtresse de la maison répriipandait vivement son cuisinier lorsque, par son «nsotn, le souper était incuit.

Prenez figure, signifiait asseyez- vous.

Aifrt quatre eomieheSf en carrosse.

^ pht^m^ tniné par des chevan.

LES PBÉCIEUSES RE)ICULES.

MukU bapUsù,

Vaimable éclairant J' époux de lanature,

Le vieux rêveur ^

Une belle à faire peur,

Maigre de la prospérité ^autrui,

L'affrontmr des lemps^

Le vermillon ie la honte^

La petite oie de la tête,

Le sublime,

Les poètes muets.

Les portes de P entendement.

Les trônes de la pudeur ^

Les miroirs de Vame,

Le fils aîné de la nature,

Un novice en chaleur.

L'idole de la cour,

Le partisan des désirs^

Le soutien de la vie,

L^abîme de la liberté, Vamour fini,

Les perles d^Iris,

La mesure du temps,

Lustrer son visage.

Le conducteur des vœux.

Les maîtres muets,

/.€ piédestal du bas monde,

Bneendrer, encapuciner le cœur,

Le phis beau du monde est aujourd'hui

bien pressant, La contenance des dames quand elks sont

devant F élément combustible, Fous poussez vos civilités jusqu'aux der^

niers confins de la flatterie, Il a dix mille livres de rente en fondd'es-

prii qu'aucîM créancier ne peui saisir.

Prendre les nécessités méridionales (de

rheure de midi).

Certes, ce n'était pas trancher le discours d'un apophthegim à la laconienne, comme dit le docteur Pancrace à Sganarelle Ces dames précieuses allongeaient la courroie de telle sorte qu'il fallait s'armer de patience pour les écouter, surtout si l'on était pressé d'aller prendre les néceraités méridionales. Le français n'était-il pas déjà trop verbeux, trop-lwarré

porteurs de chaifîe.

le soleil.

le lit.

un laideron.

l'en vieux.

le chapeau.

la pudeur.

les cheveux.

le cerveau.

les peintres.

les oreilles.

les joues.

les yeux.

rhomme.

un jeune amant.

la mode.

Famour.

le pain.

le mariage.

les larmes.

une montre.

se farder.

l'encens.

les livres.

la terre.

inspirer une grande affection.

le soleil est très chaud;

un écran.

nous devinons celui-ci.

il a beaucoup d'espriu

diner.

92 LES PRÉ€IELSES RlDipiLES.

de périphrases , sans ajouter encore à sa stérile opulence ? Mais ces dames prétendaient se former un langage mystérieux, figuré, qui leur appartint en s'éloignant de l'idiome vulgaire. Après avoir parcouru les contrées de Tendre, et butiné dans les écrits en faveur chez ses habitants, elles voulurent suivre Panui^e , et faire un voyage au long cours à rtle des Lanternes, pays où Ton ne se presse guère, où l'on ne se presse même pas du tout. C'est de là que les précieuses rapportèrent ces trésors de périphrases, fondements ridicules et pourtant vénérés du lanternois, de ce patois parisien que les facéties et les sarcasmes de Molière n'empêchèrent pas d'étouffer la langue française, d'usurper insolemment sa place, et de trôner dans nos académies.

Un siècle avant la comédie de Molière, Henri Estienne se plaignait de l'invasion du lanternois. — Toutesfois je ne veux pas nier, que je ne scay où désormais on se pourra fournir de language françois qui soit mettable par tout, veu que de jour en jour les bons mots sont descriez entre ceux qui s'escoutans pindarizer à la nouvelle mode, barbarisent aux oreil» les de ceux qui suivent l'ancienne. » Apologie pour UérodoU^

préface.

Le langage des précieuses n'avait rien de nouveau; l'Arétin l'avait inventé, mis à la mode, il existait depuis cent ans et plus, lorsque l'hôtel de Rambouillet s'en empara. C'était l'euphuisme de la cour de la reine Elisabeth d'Angleterre, si bien remis en lumière par Walter Scott dans le Monoitère, Les poètes italiens Acbillini, Marini, BoccaUni, s'étaient lancés à la suite de Pierre d'Arezzo sur cette mer d'illusions, de tropes, de fadaises, de métaphores burlesquementalambiquées, de pointes plusou moins acérées. Voiture, Balzac et tous nos faiseurs de sonnets et de romans avaient chanté sur le même ton; faut-il s'étonner que les dames élevées à cette école, et formées à ce style par la lecture des ouvrages contemporains, aient imité les extravagances de l'Arétin? Voici quelques traits de l'original italien; vous jugerez de la fidélité de la copie :

— N*eoseveIÎ8seK pas mes Espérances dans le tombeau de vos Promesses meoteMes.

Je vais pèdier dans le lac de ma Mémoire, avec rbameçon de ma Pen-

BCCa

Arrêtons avec le mors de la Prudence la bouche ardente de la Jeunesse.

Mon Mérite se dore du vernis de voire Faveur.

Le coin de la Reconnaissance enfonce le nom de mes amis dans mon ccear.

Vous jetez les Bûches de votre Courtoisie dans le foyer brûlant de mon Amitié.

La lime de la Conversation aiguise la Finesse de mon esprit.

Bans mes poésies, vous verrez s^étendre ï nu les fibres secrètes de mes intentions ; se redresser les muscles de mes idées, et se dessiner le pro* (il de mes prédilections. »

L'ÂréliUy que les précieuses, ridicules ou non, avaient sans doute commenté, prétait un canal à la mansuétude, un pourpoint à la générosité, des yeux au rocher le plus dur et des viscères à Tavenir.

— Les canons ont leurs entrailles pleines de courroux, et, déjà montés, ils vont cracher leur indignation de fer contre vos murailles. » Shakespeare.

— La raison de la déraison que vous faites à ma raison affaiblit tellement ma raison, que c'est avec raison que je me plains de votre beauté, i» Félicien de Selva.

Un capucin, haranguant l'assemblée la plus imposante, disait en chaire :

— J'embarque ce discours sur le galion de mes lèvres, pour traverser la mer orageuse de vos attentions, et parvenir enfin au port fortuné de vos oreilles. » 1645.

Sophocle n'avait-il pas nommé Taurore, la paupière du jour ^ comme si le soleil en était la prunelle?

Que dites-vous de moi, d'oser saus parasol Viâter un soleil? c'est un acte de fol; Hais dans l'occasion je vais lète première, Quitte pour me saucer un peu dans la rivière. En fuyant vos beaux yeux qui sont miroirs ardents.

sc^nnoif , V Héritier ridicule, Acte III, scène i.

94 LES PRÉCIBLSES RIDICULES.

'— Vous savez que j'appelle madame Philafitîe mon flbnneur et qu'elle m'appelle son Ambition: ainsi quand je la rencontre dans le palais, je lui dis : — Mon cher Honneur, je me suis jusqu'ici contenté des lis de votre main ; mais actuellement je veux goûter les roses de vos lèvres.

« A cela mon Honneur répond en rougissant : —Vous êtes en vérité beaucoup trop ambitieux. » Et moi je réplique. — Je ne puis être trop ambitieux de l'Honneur, aimable dame* Lds Folies de Cynthie^ ancienne comédie anglaise.

— Elisabeth d'Angleterre elle-même appelle Philippe Sydney son Courage^ et Sydney nomme cette princesse son Inspiration. » Walter Scott, le Monastère.

— Est-il possible qu'avant de vous avoir saluée, adorable Discrétion, j'aie laissé échapper de la bergerie de ma bouche quelques paroles égarées qui ont sauté par-dessus la haie de la civilité, et fait une incursion sur le domaine du décorum! Idem, idem.

— Mon amy, dond viens-tu a ceste heure? L'escholier lui respondit :

— De l'aime, inclyte, et célèbre académie que Ion vocite Lutece. r> La manière de s'exprimer du jeune Limousin que rencontre Pantagruel, est un des premiers types du langage des précieuses; mais un type d'une autre espèce. Rabelais fait une critique ingénieuse et mordante de certains auteurs de son temps, et surtout de Ronsard, qui francisaient le latin ou latinisaient le français. L'admirable peintre a chargé le portrait afin de rendre son effet plus piquant et plus incisif; car il faut nécessairement savoir le latin pour comprendre un français bâti de celte manière : — Nous transfretons la Sequane au dilucule et crépuscule : nous déambulons par les compiles et quadrivies de l'urbe. nous despumons la verbocination latiale; et, comme vcrisimilcs araorabonds, captons la benivoleuce de Tomnijuge, omniforme et omnigene sexe féminin. » Rabelais, PatUagruelf livre ii, cbapitre 6.

Ce femenx détroit de Sicile, Est gardé par Gharybde et Scylle,

El CCS deux suiases da détroit, Sont 1*Q0 à gauche» Ttatre à droit.

scARRo^, le Firgile travesti, litre m.

La Motte a dit : — Une baie est le suisse d*UD jardin, )> parce qu'elle en défend l'entrée*

— L'oracle du destin, » c'est le dé* suivant le même auteur.

Du pauvre seul tmi fidèle t

Vous croyez sans doute que cet ami fidèle est un chien, point du tout, c'est le sommeil, qui, dans la Muette de Portici^ déshérite la gent canine et s'empare de la fidélité.

Pousser c'ontre l'ivoire un ivoire arrondi,

signifiera jotier au billard, si nous en croyons Delille; ce poêle nous décrit les épingles de la manière la plus réjouis-, santé, et nous montre .

Des milliers de ces dards dont les pointes légères Fixent le lin flottant sur le sein des bergères.

Pends-toi, Ronsard, toi qui disais timidement :

N'oubliez, mon Hélène, aujourd'huy qu'il faut prendre Des cendres sur le front, qu'il n'en faut point chercher Autre part qu'en mon cœur, que vous faites seicher. Vous riant du plaisir de le tourner en cendre.

-— Le plaisir est un printemps qui fait naître des roses sur les épines delà vie. » Fayart, l'Anglais à Bordeaux. 1763.

— • Quoi ! vous avez une nation pour levier, la raison pour point d'appui, et vous n'avez pas encore bouleversé le monde I» Danton.

On avait autrefois du penchant pour quelqu'un, pour quelque chose ; maintenant on a de l'attrait : il ne vient plus dans l'esprit de telle ou telle femme^imable qu'elle verra, dans la journée, la personne qui l'intéresse; mais cette pensée lui tombe dans le cœur.

Mais revenons aux fiM^eux et fâcheuses.

Au rang de qui je mets les précieuses» Fausses s'entend, et de qui tout le bon Est seulement un langage ou jargon, Un parler gras, plusieurs sottes manières, Et qui ne sont enfin que façonnières, Et ne sont pas précteuses de prix, Comme il en est deux ou trois dans Paris, Que Ton respecte autant que des princesses, Mais elles font quantité de singesses; Et l'on peut dire avecque vérité, Que leur modèle en a beaucoup gâté.

scARaoN, à monseigneur le maréchal d'Jlbrei, épitre chagrine on satire II,

Donner les tiolons c'était faire la dépense d'un bal que Ton dédiait à quelque dame. On dansait chez elle ou tout autre part ; mais le galant se chargeait de tous les frais de décor, de collation, de rafratchissements, de luminaire et d'orchestre. Bien mieux ! les jeunes gens, qui demeuraient dans la m6me rue que des demoiselles à marier, devaient leur donner les violons une fois chacun à son tour. On dansait chez les parents des demoiselles; mais les jeunes gens payaient toute la dépense.

Mais M. Tibaudier n'est pas un exemple pour moi, et je ne suis point d*bumeur à payer les violons pour faire danser les autres.

La Comleeee ^Esearbagnae, scène e.

Nous venons, s*il me faut avec ces scélérats. Payer les violons quand je ne danse pas.

POISSON, les Fous diveriissants.

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